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Deux tiers des collèges et lycées français ont fait leur rentrée la semaine dernière avec une équipe incomplète, révèle une enquête du Snes-FSU, principal syndicat des enseignants du secondaire, publiée ce lundi 7 septembre.
Passer la publicité Passer la publicitéSelon le Snes-FSU, 69% des établissements du secondaire manquent d’au moins un membre du personnel, qu’il s’agisse d’un professeur, d’un CPE, d’un assistant d’éducation (AED) ou d’un accompagnant d’élève en situation d’handicap (AESH). Le chiffre est toutefois en baisse, comparé à l’année précédente, où 73% des collèges et lycées avaient une équipe incomplète.
La veille de la rentrée, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, avait promis au micro de France Inter que les absences de professeurs au collège et au lycée seraient «extrêmement marginales». Mais à la rentrée, il manquerait au moins un professeur dans 53% des collèges et des lycées à la rentrée selon le syndicat de gauche. «Ce chiffre couvre les postes non pourvus et les remplacements de moyenne et longue durée dont certains étaient prévisibles (congés maladie, congés maternité, congés parentaux)» détaille l’enquête du Snes-FSU. Les disciplines les plus touchées sont les mathématiques, le français, la physique-chimie et l’anglais. Cette pénurie «devrait se poursuivre quand les besoins en remplacement vont augmenter en cours d’année, d’autant plus que les rectorats ont fait le choix de ne pas renouveler un nombre conséquent de professeurs non-titulaires en CDD». Le ministère de l’Éducation nationale, contacté par Le Figaro, n’a pas réagi aux estimations du Snes-FSU.
L’académie de Versailles serait la plus touchée par le manque de professeurs avec 70% de ses établissements concernés. Les académies de Toulouse (66,7%), de Nantes (61,7%) et de Créteil (61,1%) feraient aussi face, et de manière massive, au même problème. L’académie qui se porte le mieux est celle d’Amiens où seuls 23,1% des établissements connaissent cette difficulté. «La situation reste très dégradée, faute de personnels en nombre suffisant» alerte le syndicat, alors même que le niveau scolaire des jeunes Français est un sujet préoccupant.
«Une crise de l’école inclusive», selon le Snes-FSU
Le syndicat dénonce par ailleurs une «crise de l’école inclusive». Selon les données de l’enquête, il manquerait au moins une AESH dans 17% des collèges et des lycées. «Concrètement, cela se traduit par le fait qu’à la rentrée, un nombre significatif d’élèves qui disposent d’une notification se retrouve sans accompagnement effectif» détaille le rapport. L’académie de Grenoble est la plus touchée par le manque d’AESH (30,3% de ses établissements).
Il manquerait aussi au moins un psychologue (PsyEN) dans 16% des établissements, «à l’heure même où le ministère, et le gouvernement, font de la santé mentale, une grande cause nationale, la situation des PsyEN reste un angle mort des politiques ministérielles» critique le rapport.
Des promesses inabouties
Cette année, le syndicat pointe aussi que dans près de quatre établissements sur cinq «aucune adaptation du bâti n’a été envisagée» pour faire face aux fortes chaleurs et canicules alors qu’en «juillet, après la canicule, le gouvernement avait fait des promesses pour sortir du bricolage institutionnalisé qui avait servi de protocole canicule». Dans seulement 21% des établissements des aménagements ont été évoqués, «mais ils sont bien souvent sans réalisation concrètes (près de 61% des réponses de ces établissements)».
Méthodologie : l’enquête du Snes-FSU a été réalisée par téléphone et par mails auprès des responsables de sections Snes-FSU d’établissement du 31 septembre, 10 h au 4 septembre 10 h 30. Elle a donc vocation à faire une photographie à un instant T. Échantillon de 1033 établissements en prenant en compte le poids de chaque académie, ainsi que la répartition collèges/lycées.


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