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1,7 million de renards, pies, fouines et autres corneilles sont tués chaque année dans le but de réduire les dégâts que ces animaux causent, notamment aux cultures. On parle d'« espèces susceptibles d'occasionner des dégâts », listées tous les trois ans par arrêté et qu'il est autorisé de tuer tout au long de l'année.
Aucune étude n'avait évalué jusqu'ici l'efficacité ni même le coût de ces abattages. Le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) vient de publier une étude sur le sujet dont il ressort que cette politique est coûteuse et inefficace.
Détruire des animaux soi-disant nuisibles, une politique coûteuse chaque année
Renards, pies, martes, étourneaux, fouines, geais, corneilles, corbeaux... Ces animaux (et bien d'autres encore) sont considérés comme nuisibles. On parle d'« espèces susceptibles d'occasionner des dégâts » (Esod). En France, chaque année, 1,7 million d'Esod sont abattus.
Tirs, piégeage et déterrage sont autorisés pour éliminer ces animaux toute l'année et même en dehors des périodes de chasse. Tous les trois ans, une liste d'animaux « nuisibles » est établie par arrêté (article R427-6 du code de l'environnement).
Alors que la biodiversité s’effondre, les abattages massifs des espèces considérées comme nuisibles selon le législateur interrogent. © hitman1234, Adobe Stock
Comment sont choisis les animaux de cette liste ? Ils le sont à la suite de la déclaration d'agriculteurs et de particuliers qui constatent des dégâts chez eux et estiment quel animal pourrait en être responsable. Aucun contrôle n'est effectué. En 2024, un rapport de l'Inspection générale de l'Environnement et du Développement durable préconisait « une refonte de l'approche française » et invitait donc à se passer de l'arrêté Esod en 2026.
Une nouvelle liste est attendue avant l'été... Les associations de défense des animaux, notamment la Fondation 30 Millions d'Amis, ont régulièrement dénoncé cette pratique. Aucune preuve ne démontre que ces animaux causent des dommages. Pourtant, leur rôle dans la biodiversité est essentiel, comme celui de toute espèce vivante.
Or, chaque année, c'est entre 103 et 123 millions d'euros qui sont dépensés pour gérer les espèces d'animaux soi-disant nuisibles, et entre 8 et 23 millions d'euros de dégâts sont constatés chaque année. Un chiffre bien inférieur, donc, au coût de l'abattage qui doit permettre d'éviter ces dégâts.
Inefficace et coûteuse, selon une étude du Muséum national d'histoire naturelle
Ainsi, les abattages de ces animaux dits nuisibles doivent permettre d'éviter les dommages qu'ils causent, notamment sur l'agriculture, et de réduire leurs effectifs. Or, l'efficacité de cette politique d'abattage d'animaux dits nuisibles n'avait jamais été évaluée jusqu'à maintenant.
L'étude du MNHN, publiée le 9 mars 2026, démontre que, en plus d'être très coûteux, les abattages d'animaux dits nuisibles sont inefficaces. Cette analyse se base sur des données statistiques officielles compilées pendant sept ans, de 2015 à 2022.
Il en ressort que tuer ces animaux ne permet pas de réduire les dommages constatés par les agriculteurs ou par les particuliers l'année suivante et ne réduit pas non plus le coût des dommages en question. En outre, chez cinq espèces d'oiseaux étudiées, l'abattage ne permet pas non plus de réduire la population. Et, inversement, tuer moins d'animaux ou ne pas en tuer du tout ne conduit pas à une augmentation des dégâts constatés.


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