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Rémi Gaillard est déjà à 10% aux Municipales à Montpellier : sans parti, sans machine, sans budget

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10% sans budget… imagine avec les moyens des “grands” : ça donne quoi, 30 % ?

À Montpellier, une candidature hors cadre s’installe dans le paysage et oblige tout le monde à recalculer. Rémi Gaillard, figure populaire des réseaux sociaux et enfant du pays, se relance dans la bataille des municipales avec une promesse simple : ne dépendre de personne. Et, fait rare pour un candidat sans parti et revendiquant une campagne « à l’économie », il se retrouve déjà mesuré autour de 10% dans plusieurs reprises médiatiques d’un sondage local, au point d’être présenté comme un prétendant crédible à la qualification.

3e à 10%. Sans parti. Sans budget. Sans sondage commandé.

Imaginez avec votre mobilisation.

Le vote utile, c’est celui qui ne doit rien à personne 🤡🗳️🌱 pic.twitter.com/xZoklbPGe5

— Yes We Clown (@yesweclown) February 25, 2026

Un score qui pèse, même sans machine partisane

Le plus frappant, ce n’est pas seulement le chiffre. C’est ce qu’il raconte : une envie de rupture dans une ville historiquement marquée à gauche, mais où l’offre se fragmente, et où le débat municipal ressemble de plus en plus à une addition de chapelles, de “listes” et d’appareils.

Le sondage cité par plusieurs titres place le maire sortant Michaël Delafosse nettement en tête, mais souligne aussi un peloton très resserré derrière, où Gaillard existe à hauteur d’un candidat “pivot” : assez haut pour compter, assez singulier pour perturber les stratégies de second tour.

Le retour d’un candidat déjà “testé” en 2020

Rémi Gaillard n’arrive pas de nulle part. Déjà candidat en 2020, il avait frôlé les 10% au premier tour, ce qui nourrit aujourd’hui l’idée qu’il dispose d’un socle électoral réel — au-delà du buzz.

Son slogan de toujours, « C’est en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui », a longtemps servi de signature humoristique. En 2026, il le convertit en code politique : le “n’importe qui”, c’est le citoyen ordinaire, celui qui veut reprendre la main sur une ville qu’il juge confisquée par les professionnels.

“Sincérité” vs “théâtre politique” : le carburant du moment

La séquence est favorable à ce type de profil : inflation d’affaires, défiance généralisée, sentiment d’immobilisme sur des sujets très concrets (logement, sécurité, propreté, pouvoir d’achat local, accès aux services). Dans ce contexte, l’argument de l’authenticité devient central : ne pas être “du sérail”, ne pas être redevable, parler simple, et apparaître comme une alternative aux coalitions de circonstance.

Gaillard pousse d’ailleurs un discours anti-“vote par réflexe” : ce qu’il présente comme le vrai vote utile n’est pas celui qui épouse la peur de l’élimination, mais celui qui échappe aux dépendances. La formule n’est pas neuve en politique française (le vote utile est un mécanisme bien identifié), mais il en inverse la logique : l’utile, ce serait le candidat libre.

Une stratégie à l’ère des réseaux : notoriété, vitesse, confrontation

Sa force, c’est aussi une grammaire moderne : interpellations, séquences courtes, communication directe. Exemple récent : sa mise au défi de Michaël Delafosse, pensée comme un coup de projecteur et une manière de sortir du format classique du débat.

Autrement dit, là où les partis misent sur l’implantation, les équipes, les tracts et les investitures, Gaillard capitalise sur une ressource devenue décisive : l’attention.

Ce que ça dit de Montpellier (et du pays)

Même si le maire sortant reste donné favori, l’émergence de Gaillard à un niveau significatif raconte quelque chose de plus large : on entre dans une période où beaucoup d’électeurs ne cherchent plus le “meilleur CV”, mais une forme de cohérence et de parole tenue. Et quand la politique ressemble à une mise en scène de rôles, un candidat qui revendique ne pas avoir de rôle écrit à l’avance devient, mécaniquement, audible.

Reste la question décisive : transformer le phénomène en dynamique. Tenir une campagne, agréger une équipe, crédibiliser un projet municipal et survivre au rythme long — tout ce que les réseaux ne garantissent pas. Mais une chose est déjà acquise : à Montpellier, Rémi Gaillard n’est plus seulement un nom connu. Il est en train de devenir un fait politique.

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