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Quand les fédérations patronales (FEB, Voka, Beci, AKT,…) adressent au gouvernement, un samedi matin, alors que les négociations budgétaires semblent embourbées, un message pour dire que la limitation des allocations de chômage "ne doit pas être uniquement une mesure budgétaire", ce n'est pas anodin. C'est un pavé dans la mare des partis de la coalition Arizona qui peinent à boucler ce fameux budget.
Les chiffres donnent raison à ces organisations représentatives. Depuis le 1er janvier, plus de 130 000 personnes ont perdu leur droit à une allocation. Seules 10 à 15 % ont retrouvé un emploi. Environ 40 % dépendent désormais du CPAS, 7 à 9 % de l'Inami. Et pour les 40 % restants, on ne sait rien, rappellent les fédérations patronales. Une réforme dont on ignore l'effet sur deux anciens chômeurs sur cinq n'est pas vraiment une politique "d'activation", pour reprendre le mot qui est sur toutes les lèvres de nos dirigeants.
Le problème est d'autant plus aigu que le taux de vacances d'emploi est près de deux fois supérieur à la moyenne européenne : qualifications insuffisantes, mobilité défaillante, offres et candidats qui ne se rencontrent pas. La formation, elle, ne figure jamais vraiment au sommet des priorités. La croissance de l'emploi stagne, alors que les départs à la retraite continuent de croître. En résumé ? Dysfonctionnel, serait-on tenté de dire. On demande aux chômeurs de retrouver un emploi, mais on ne démontre pas que le marché du travail en est en mesure de les accueillir.
Budget fédéral : l'Arizona proche d'un accord… ou de la criseLa circulaire d'Anneleen Van Bossuyt (N-VA), ministre... de l'Intégration sociale, annoncée vendredi, ne va rien arranger. En précisant aux CPAS les critères pour juger si un demandeur est "suffisamment disposé à travailler", elle ajoute une couche de complexité - juridique, sociale, économique et politique -, sans concertation, là où il faudrait de la coordination et de la coopération. Les droits des chômeurs relèvent du fédéral, leur accompagnement des Régions, leur dernier filet, des CPAS : chacun tire de son côté. Tous les partis disent vouloir préserver notre modèle socio-économique, et tous savent qu'il passera par l'emploi. Les patrons leur demandent d'enfin "prendre leurs responsabilités, de manière concertée". Merci du rappel, pertinent. Mais qui écoute encore qui, dans ce pays ?
Bart De Wever, le funambule du 16, rue de la LoiPour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


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