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ENTRETIEN - Vue dans Mon Crime et L’Étranger, la comédienne fait ses premiers pas en série pour cette comédie sociale et d’action, à découvrir sur la plateforme américaine le 5 février.
Il était une fois cinq femmes en galère qui décident de prendre les armes pour faire un casse, grimées en hommes, dans une banque. Malgré le lot d’emm… maximal qui en résulte, elles récidivent, au nez et à la barbe de la police, des dealers de la cité et du président de région corrompu (François Damiens), et se retrouvent avec un butin de 200 millions d’euros ! L’histoire n’est pourtant pas un conte de fées. Ni même une comédie romantique, comme le laisse un temps imaginer la présence, hilarante, de Jonathan Cohen (également producteur) en riche héritier, amoureux transi. Les Lionnes relève plutôt de la comédie sociale, parfois assez noire. Avec option braquage et action. Et un propos ouvertement féministe, qui prône la sororité et le collectif.
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Ainsi, dans cette série Netflix en huit épisodes, coécrite et réalisée par Olivier Rosenberg (Family Business ), les comédiennes, leur énergie, et leur capital sympathie, raflent la mise et emportent tout sur leur passage : Pascale Arbillot, Zoé Marchal, Naidra Ayadi, Tya Deslauriers, et, à leur tête, Rebecca Marder.
TV MAGAZINE.- Pourquoi une série seulement maintenant ?
Rebecca MARDER.- On m’en avait déjà proposé mais peut-être que je ne me sentais pas prête. J’ai aussi passé sept ans à la Comédie française et question emploi du temps c’était compliqué car une série, c’est très engageant, sur plusieurs mois ! J’en suis partie il y a deux ans et demi. Quand j’ai lu Les Lionnes j’ai beaucoup ri, notamment grâce aux dialogues. Tout en trouvant qu’il y avait du fond, une authenticité, un réalisme qui me plaisaient dans cette espèce de réalité augmentée et de côté parfois outré. J’avais aussi envie d’expérimenter le fait de creuser un rôle sur une aussi longue durée, c’est un luxe et une joie. Ça rejoint d’ailleurs un peu le théâtre. Il y a un côté athlétique. Comme quand je jouais quatre pièces à la fois, six fois par week-end ! On se sent en marche. La série possède aussi ce rythme très intense. Il y a ce truc de garder le fer chaud !
Le mélange des genres n’est pas simple !
C’est aussi ce qui m’a plu dans ce rôle et son évolution. Rosalie ment au boulot, en famille, se travestit pour braquer, change de milieu social pour draguer… Il y avait beaucoup de choses à jouer, de barrières à briser. C’est enlevé, haut en couleur, les personnages sont très dessinés, presque BD et il fallait tenir la barre de l’authenticité dans tout ça. Servir le propos, car elles ne se battent pas que pour l’argent, mais pour le renversement de la microsociété de la cité. Les femmes de ce groupe sont très différentes mais toutes ont besoin d’échapper à leur condition.
« J’étais reconnaissante qu’on me confie un personnage de fille très assumée dans son corps, sa féminité, ce que je ne suis pas. Avec ses tatouages, en minijupe, perchée sur des talons. »
Rebecca MarderVous avez dit en interview «je me méprise de ne pas être plus politisée», mais vos fictions évoquent souvent des questions sociétales...
Malgré moi, j’ai fixé un fil rouge dans mes rôles. Des femmes souvent engagées, en prise avec leur destin. Notamment une jeune femme qui veut accéder au pouvoir dans De Grandes espérances, non pas pour le pouvoir mais pour faire le bien car elle a des idées sociales. C’est un engagement aussi en effet.
Y a-t-il un message voire une morale dans Les Lionnes ?
C’est une série qui n’impose pas forcément une idéologie mais qui peut parler à beaucoup de gens. Il y a tellement de sujets abordés. Ça peut même parler aux jeunes mecs : les filles prennent la place des hommes habituellement dans les films d’action sans être plus clowns qu’eux. J’étais émue par le plan de grue, cette vue du ciel sur les femmes de la cité, tous âges et corps confondus, qui sortent d’un pas décidé pour aller renverser la terreur.
Comment avez-vous abordé le personnage de Rosalie ?
J’étais reconnaissante qu’on me confie une fille très assumée dans son corps, sa féminité, ce que je ne suis pas. Avec ses tatouages, en minijupe, perchée sur des talons. Ce n’est pas non plus une séductrice, même si elle joue de sa séduction. Elle est ancrée, sa vie n’est pas futile. Il faut qu’elle soit vive. Caméléon. Nous portions de faux muscles en mousse sous nos combinaisons, pour passer de la cagole à une démarche plus masculine. C’est un vrai travestissement, assez physique !
Comment vous êtes-vous préparée ? Vous dites que l’on vous a parfois reproché un parler trop littéraire…
Ce genre de phrase est aberrant, il sous-entend qu’en banlieue on ne peut pas lire. C’est le côté Comédie française qui m’a donné cette image. Je n’ai pas l’impression de jouer différemment même si pour la première fois on m’offre un rôle de mère dans l’adversité et que pour la première fois j’avais des scènes d’action.
« C’est le tournage qui m’apporte une musique et non moi qui apporte une musique à mon personnage. Là, c’était beaucoup Theodora, Jul aussi... »
Rebecca MarderTravaillez-vous avec des play-lists ?
Pas vraiment. Je ne me concentre pas avec mes écouteurs pour une scène. Mais à chaque film, il y a des musiques que j’écoute avec d’autres membres de l’équipe. Et qui deviennent ma play-list du moment. C’est le tournage qui m’apporte une musique et non moi qui apporte une musique à mon personnage. Là, c’était beaucoup Theodora, Jul aussi, comme nous étions dans le Sud. Même si ce n’est pas quelqu’un que j’écoute quotidiennement, j’ai kiffé.
Vous dites «je suis venue au jeu par la musique» , qu’est-ce que ça signifie ?
Je faisais de la chorale petite. Un directeur de casting cherchait un enfant pour une comédie, ce fut mon premier tournage. Je pratiquais aussi le piano, le saxophone, le solfège. Adolescente, j’ai continué. Mon rêve était d’être chanteuse. Mon premier choc, qui m’a donné envie d’être actrice, est une comédie musicale à Broadway. J’avais envie de danser, d’être sur scène avec eux !
Que vous a apporté la Comédie française ?
Ce sont mes fondations. La discipline inculquée. Ça muscle, ça rend mobile. Ça me permet de passer d’un projet à l’autre, parfois en même temps. Une générosité aussi car on développe un esprit de troupe.
Quel est votre rapport au côté glamour, paillettes ?
Ça m’a terrifiée au début. Je ne faisais pas ce métier pour ça. Au théâtre, j’ai longtemps été protégée de la dimension de l’image, de la représentation. Je n’avais pas ces enjeux de promo. C’est un vortex qui peut vite vous aspirer. Maintenant je m’en amuse beaucoup, ça me plaît, j’ai apprivoisé ça.
Vous avez de longue date un projet d’album avec Feu Chatterton !
Oui ça fait deux ans que je travaille avec Sébastien Wolf, membre du groupe. J’écris et il compose, mais nous avons des problèmes d’emploi du temps. Lui sa tournée, ses recherches, moi mes tournages...
La fin des Lionnes est très ouverte...
Oui, nous espérons une saison 2 !


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