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«Rappelez-vous du Groenland, ce gros morceau de glace mal géré» : Donald Trump règle ses comptes avec l’Otan

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La Maison-Blanche a reproché mercredi aux États membres de l’Otan d’avoir «tourné le dos» aux États-Unis dans la guerre contre l’Iran. De passage à Washington, Mark Rutte a au contraire estimé que les pays européens avaient rempli leurs promesses.

Mark Rutte, secrétaire général de l'Otan, est arrivé à la Maison-Blanche discrètement en milieu d'après-midi ce mercredi et en est reparti tout aussi discrètement deux heures et demie plus tard. Il faut bien dire que l’ambiance n’était pas des plus chaleureuses. «Ils ont été mis à l'épreuve, et ils ont échoué», avait déclaré avant son arrivée la porte-parole Karoline Leavitt, disant citer directement Donald Trump.

«L'Otan n'était pas là quand nous avions besoin d'eux, et ils ne seront pas là si nous avons de nouveau besoin d'eux. Rappelez-vous du Groenland, ce gros morceau de glace mal géré», a écrit dans la soirée Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, après sa rencontre avec Mark Rutte. Le président américain menace depuis des mois de quitter l'Alliance atlantique.

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Après une entrevue «très franche» avec Donald Trump, Mark Rutte a donné une interview à CNN. La chaîne lui a demandé notamment si des pays de l'Otan avaient effectivement failli : «Quelques-uns, oui, mais une large majorité de pays européens, et c'est ce dont nous avons discuté aujourd'hui, ont fait ce qu'ils avaient promis», a-t-il souligné. Questionné pour savoir si le monde était plus sûr aujourd'hui qu'avant le début de la guerre, le Néerlandais a répondu : «Absolument, parce que - et cela est grâce au leadership du président Trump - il est très très important de dégrader ces capacités» militaires de l'Iran.

Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, entre à la Maison-Blanche, vu à travers une grille, à Washington, le 8 avril 2026. Evan Vucci / REUTERS

«Tirer parti du succès du sommet de l’Otan à La Haye»

Selon le Wall Street Journal, l'administration Trump réfléchirait à retirer des troupes américaines stationnées dans des pays qui n'ont pas soutenu l'offensive militaire contre l'Iran, pour les déplacer vers des pays jugés plus coopératifs. Depuis sa création en 1949, les États-Unis occupent un rôle militaire central au sein de l’Otan. Ils ont toutefois obtenu l’an dernier une forte augmentation des dépenses de défense des autres membres d’ici 2035.

Mark Rutte a donc probablement essayé de jouer de sa relation personnelle avec le président américain pour tenter d'apaiser ses critiques acerbes envers son organisation. Le locataire de la Maison Blanche ne tarit pas d'éloges sur le patron de l'Otan - «un type formidable, génial», selon lui - mais fustige les Européens pour leur refus d'aider les États-Unis et Israël dans leur offensive en Iran, qui observent un cessez-le-feu depuis 24 heures.

D'après un responsable de l'Alliance atlantique, la rencontre avec le président américain, prévue «de longue date», visait à «tirer parti du succès du sommet de l'Otan à La Haye» l'an dernier, lorsque les pays membres se sont engagés - sous la pression de Donald Trump - à augmenter fortement leurs dépenses militaires. Outre le renforcement de la coopération transatlantique en matière d'industrie de défense, les deux responsables devaient «discuter de la dynamique sécuritaire actuelle, dans le contexte de l'Iran ainsi que de la guerre de la Russie contre l'Ukraine», a-t-il précisé.

Rutte, l’équilibriste

Dans la journée, Mark Rutte s’est aussi entretenu avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Leurs discussions ont porté sur les opérations militaires contre l’Iran, la guerre en Ukraine et le renforcement de la coordination et du «transfert de charges» avec les alliés de l’Otan, selon un communiqué du département d’État.

Le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte et Le secrétaire d’État américain Marco Rubio à Washington, le 8 avril 2026. Anna Rose Layden / REUTERS

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Le patron de l’Otan se livre depuis des mois à un exercice d'équilibriste entre les invectives du président américain à l'encontre des Alliés européens, qu'il a, entre autres, qualifiés de «lâches», et le souci de les défendre sans fâcher Donald Trump. Cet exercice est devenu particulièrement difficile avec le lancement des frappes américano-israéliennes contre l'Iran fin février, en raison de la frustration du président américain face à ce qu'il considère comme une dérobade des Européens en Iran. Il a notamment réclamé leur aide pour sécuriser le stratégique détroit d'Ormuz.

Le cessez-le-feu obtenu mardi via le Pakistan prévoit que l'Iran rouvre ce passage maritime dans le Golfe, qu'elle bloquait de facto depuis le début de la guerre.

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