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Quitter la nuit : les ravages des violences faites aux femmes

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Un premier film troublant, saisissant, intelligent, à découvrir sur ICI Tou.tv

Tout commence par un coup de téléphone dans une voiture. Aly, assise du côté passager, prétend appeler sa sœur. L’homme au volant, à qui elle vient de signifier qu’elle préférerait être raccompagnée chez elle, la croit. Pourtant, Aly est en train d’appeler la police, maquillant du mieux qu’elle peut son appel à l’aide.

La tension est évidemment à son comble. Mais si beaucoup de cinéastes en auraient profité pour construire un insoutenable suspense (l’agressera-t-il?), Delphine Girard, avec beaucoup de lucidité, place son premier long métrage sous le signe de l’après.

Car la police agira, l’homme sera arrêté et cette nuit où tout a failli basculer deviendra le point focal de l'existence d’Aly, mais également de celles de la policière qui a pris l’appel et de l’homme accusé. Et c’est là une des premières – et grandes – qualités de Quitter la nuit : refuser de se complaire dans le spectaculaire de l’agression pour plutôt accompagner celles qui doivent vivre avec les conséquences – tant humaines que judiciaires – d’un tel traumatisme.

Une femme, un casque d'écoute sur les oreilles, regarde l'écran d'un ordinateur.

Quitter la nuit, de Delphine GirardPhoto : Entract Films

Prix du public au Festival de Venise, Quitter la nuit, qui prolonge le court métrage Une sœur, de la même réalisatrice, est de ces films qui prennent à la gorge dès les premières secondes pour ne jamais lâcher, faisant plus finement évoluer son récit vers ce qui se joue au plus profond des hommes et des femmes aux prises avec une situation violente, mais également vers les étapes, parfois lourdes, parfois décourageantes, du processus qui suit.

rien excuser, cherchant toujours à reconstruire le fil des événements par de troublants flash-back, ne s’offrant jamais la solution de facilité du manichéisme, Delphine Girard se frotte à ces questions avec un sens de la nuance remarquable, rendant chacune des secondes de son film profondément anxiogène.

Parce que voilà aussi ce qui se cache au cœur de Quitter la nuit : des personnages humains. Profondément humains. Dans ce que cette humanité peut avoir de plus vil, de plus frustré, de moins reluisant, mais aussi dans ce qu’elle a de vitalité, d’instinct de survie, de capacité à se reconstruire. Il n’y a ni monstre ni héroïne ici. Servi par des interprètes particulièrement saisissants (Veerle Baetens, Selma Alaoui, Guillaume Duhesme et Anne Dorval, émouvante en mère d’un homme qui a franchi la ligne), le récit a ceci d’exemplaire que sa sensibilité à chacun et chacune nous invite alors à les comprendre.

Ce geste de cinéma, a priori banal, est pourtant ce qui fait de ce film un de nos meilleurs alliés face aux ravages des violences faites aux femmes.

La bande-annonce (source : YouTube) 

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