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Qui pour succéder à Antonio Guterres, secrétaire général d'une ONU malmenée ?

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Les quatre candidats en lice pour succéder à Antonio Guterres sont auditionnés à New York mardi et mercredi prochains. Qui prendra la tête d'une institution plus que jamais sous le feu des critiques ?

Publié le 19/04/2026 17:25

Temps de lecture : 4min

Antonio Guterres, actuel secrétaire général de l'ONU, à Genève le 23 février 2026 (FABRICE COFFRINI / AFP) Antonio Guterres, actuel secrétaire général de l'ONU, à Genève le 23 février 2026 (FABRICE COFFRINI / AFP)

Malmenée et même décrédibilisée, l'ONU garde un pouvoir d'attraction. En témoignent les quatre candidatures présentées pour le poste de secrétaire général. Antonio Guterres termine son deuxième mandat à la fin de l'année, et le processus est lancé. Les auditions se déroulent sur deux jours, mardi et mercredi prochains à New-York.

En lice : l'Argentin Rafael Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qu'on a beaucoup entendu sur le dossier du nucléaire iranien, l'ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet (pas soutenue par le Chili du président d'extrême droite Katz mais par le Brésil et le Mexique), l'ex-président du Sénégal Macky Sall (pas soutenu par son pays mais par le Burundi) et Rebeca Grynspan, cheffe de la Cnuced, l'agence des Nations Unies pour le commerce, et ancienne vice-présidente du Costa Rica.

Les débats autour du rôle des Nations Unies ne sont pas nouveaux. En 1960, de Gaulle l'avait qualifié de "machin" mais l'institution née après la Seconde Guerre mondiale est aujourd'hui bien secouée. Et c'est son premier financeur, les Etats-Unis, qui lui donne des coups de boutoir. L'ONU a pour objectif principal le maintien de la paix dans le monde et encadre le recours à la force par les Etats membres. Or Washington est entré en guerre contre l'Iran, aux côtés d'Israël, sans le feu vert onusien. Le président américain Donald Trump a par ailleurs lancé un Conseil de la Paix, qui entend bien damer le pion aux Nations Unies.

Trump dit ne pas avoir besoin du droit international et avait même ridiculisé l'ONU lors de son 80e anniversaire en septembre. "Les deux choses que j'ai eues des Nations unies, c'est un escalier mécanique défaillant et un téléprompteur défaillant", avait-il ironisé.

Dans cette période d'instabilité, de multiplication des conflits, le choix du successeur d'Antonio Guterres n'est pas anodin.
"Le choix de la personne qui dirigera cette organisation compte profondément, surtout dans ces temps difficiles", a ainsi souligné le 13 mars la présidente de l'Assemblée générale de l'ONU Annalena Baerbock. Le secrétaire général est le plus haut fonctionnaire des Nations Unies mais il a aussi une voix qui compte politiquement. Il porte les idéaux des Nations Unies et se fait le porte-parole des peuples, en particulier des plus vulnérables.

Une fonction dans laquelle se verraient bien donc quatre personnalités : un Africain et trois représentants d'Amérique latine, dont deux femmes. Chaque candidat aura trois heures pour exposer son projet et répondre aux questions. Les auditions seront retransmises sur le site des Nations Unies.

Comme en 2016, l'ONU a l'opportunité de désigner une femme, ce qui serait une première dans l'histoire de l'institution. Les appels se multiplient en ce sens, comme cette campagne baptisée "Madame SG" portée par l'organisation GWL voices (Global women leaders) composée d'anciennes diplomates.

D'après des règles non écrites, qui ne sont d'ailleurs pas toujours respectées, ce serait cette année au tour de l'Amérique latine d'obtenir le secrétariat général. Michelle Bachelet, figure majeure de la gauche chilienne, semble bien placée. De 2018 au 2022, elle avait occupé les fonctions de Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme. Fin décembre, elle avait d'ailleurs évoqué une "opportunité historique" pour qu'une femme apporte "une contribution différente grâce à un leadership différent".

Après les grands oraux de la semaine prochaine, c'est le Conseil de sécurité qui tranchera et proposera un nom à l'Assemblée générale. Les cinq membres permanents (Russie, France, Etats-Unis, Chine, Royaume-Uni) peuvent faire usage de leur droit de veto pour écarter un nom. Il faudra attendre encore un peu avant de connaître le nom du successeur d'Antonio Guterres : ce n'est que fin juillet que le Conseil se penchera sur le sujet. La prise de poste est, elle, prévue au début de l'année prochaine.

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