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C'est un secret pour personne: dans de nombreux foyers, les tâches sont mal réparties. Les femmes assument souvent une part plus importante du travail domestique. Mais selon les spécialistes, il est possible d'y remédier.
Kate Mangino, autrice du livre Equal Partners: Improving Gender Equality at Home (que l'on pourrait traduire par Partenaires égaux: renforcer l'égalité entre les femmes et les hommes au sein du foyer) définit trois catégories de tâches domestiques: le travail physique, le travail cognitif et le travail émotionnel. Dans la première catégorie se trouvent les corvées ménagères comme vider le lave-vaisselle ou faire la lessive. La réflexion, la planification et l'anticipation appartiennent, elles, à la deuxième catégorie. Dans un article, The Guardian explique comment répartir ces différentes tâches de la manière la plus équitable possible.
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Alors que nos sociétés contemporaines s'engagent vers davantage d'égalité au sein du couple, la charge mentale n'est pas toujours bien répartie. Elle correspond au poids de devoir assumer les différentes catégories de tâches domestiques. Ce qui peut rapidement devenir difficile à supporter lorsqu'une seule personne doit s'occuper de tout à la maison.
Selon Leah Ruppanner, professeure de sociologie à l'université de Melbourne, en Australie, la fatigue liée à cette charge mentale peut être un signe précurseur d'un épuisement physique. Mais attention, cela peut concerner les deux partenaires. «La pression liée à l’emploi et au rôle de soutien dans la famille est forte, et on ne la reconnaît pas toujours», quel que soit celui ou celle qui en assume la responsabilité, estime Kate Mangino.
Une dimension sociale et politique
Selon les experts, une meilleure répartition des tâches, et par ricochet de la charge mentale, passe par la mise en place de politiques dédiées. «Au Royaume-Uni, le congé de paternité est de deux semaines et très mal rémunéré, regrette Ana Catalano Weeks, politologue à l'université britannique de Bath. Dès le départ, l'État part du principe que ce sont les mères qui resteront à la maison et seront principalement responsables des enfants.» Elle plaide pour des mesures qui incitent les hommes à vouloir prendre congé et à s'investir davantage dans la vie familiale.
Mais en attendant que les gouvernements agissent, que pouvons-nous faire? Les spécialistes recommandent d'abord d'en finir avec l'idée que la personne qui rapporte le plus d'argent est celle dont le temps est le plus précieux. Cette idée, insufflée par les systèmes patriarcaux, pénalise les femmes qui, encore aujourd'hui, gagnent en moyenne 22% de moins que leurs homologues masculins en France, selon l'Observatoire des inégalités. «Les hommes font aujourd'hui peut-être mieux que les générations précédentes, mais si vous êtes une femme –et je parle ici principalement des couples hétérosexuels– une grande partie de la réflexion et de la charge cognitive continue de reposer sur vous», explique Helen Mason, coach en leadership féminin.
Les experts donnent également d'autres conseils: répartir les tâches sans forcément viser le 50-50, mais en tenant compte des préférences et des contraintes de chacun. Somme toute, privilégier l'équité plutôt que l'égalité. Il est également important de discuter en amont de cette répartition, de déterminer les responsabilités de chacun et de fixer des limites. Faire un point hebdomadaire, utiliser des outils comme les calendriers partagés ou faire participer les enfants aux tâches ménagères permet également de mieux répartir le poids du quotidien.




























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