Qu’est-ce qui souffre en nous quand des bombes s’abattent sur un édifice historique ou religieux – ou les deux simultanément –, nous qui vivons à des milliers de kilomètres et pour qui les cultures concernées sont souvent étrangères? Les conflits qui martèlent l’actualité ne s’en prennent pas qu’aux vies humaines. Ils frappent aussi les choses, avec une insistance qui ne tient sans doute pas du hasard. On en prend subitement conscience lorsqu’un épisode particulièrement choquant perce le brouillard médiatique, comme ce fut le cas la semaine dernière avec les dégâts causés par des bombardements russes à la cathédrale de la Dormition, l’un des joyaux architecturaux du patrimoine ukrainien, tout comme l’une des pièces maîtresses de son identité.
C’est sur ce terrain-là aussi, hautement symbolique, que se joue une guerre dont l’aspect identitaire est fondamental, dans un camp comme dans l’autre, bien que de manière asymétrique, puisque seule Kiev lutte pour sa survie comme nation à part entière.


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