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Comment observer un bateau ressuscité de l’Égypte de l’âge de bronze ? En suivant l’odyssée scientifique proposée dans un étonnant documentaire diffusé ce soir sur Le Figaro TV.
Passer la publicité Passer la publicitéLes anciens Égyptiens vénéraient à juste titre le Nil. Des millénaires durant, ils apprirent à composer avec cet allié omniprésent, mais inconstant, cette artère vitale aux crues aussi salvatrices que dévastatrices. Épine dorsale du système agricole égyptien, le Nil était également une autoroute bleue, souvent brune, sur laquelle naviguaient les hommes et les dieux, portés en barque lors de processions religieuses. Sans oublier les marchandises. Les Égyptiens ont très tôt maîtrisé le transport de charges lourdes, convoyées par des barges spécialement aménagées. Le granite de la grande pyramide de Kheops n’aurait ainsi jamais pu être acheminé des carrières d’Assouan au plateau de Gizeh, à quelque 1 000 kilomètres de distance, sans une parfaite organisation des hommes et du fleuve. Autrement dit, sans Nil et sans art de la navigation fluviale, point de royaume des pharaons. Parfait. Et la mer, dans tout cela ?
Défi d’archéologie expérimentale
Cette question, le documentariste Stéphane Bégoin se l’était posée en 2009, avec ce film produit en marge d’une mission scientifique franco-égyptienne. S’intéresser à la navigation maritime d’un pays délimité au nord par la Méditerranée et, à l’est, par la mer Rouge, n’est pas illégitime, et ce, d’autant plus que les sources historiques et iconographiques demeurent rares. Or, il y a une quinzaine d’années, une équipe d’archéologues s’était mis en tête de reconstruire à l’identique un navire de l’Égypte ancienne, selon un modèle daté de 3 500 ans.
Aux origines de ce défi d’archéologie expérimentale se trouve la découverte de plusieurs pièces d’une embarcation, semblable à celle représentée sur un bas-relief sculpté d’un temple de Louxor. Pour mener à bien leur chantier inédit de reconstitution, à taille réelle, d’un bateau millénaire, les archéologues se sont entourés d’un constructeur naval chevronné, ainsi que d’un skipper, dont l’intime connaissance des voiliers allait s’avérer précieuse. À charge aux ouvriers de retrouver les techniques des anciens Égyptiens, qui n’utilisaient ni clous ni métal, et assemblaient leurs pièces de bois selon un système complexe de tenons et mortaises.
Après neuf mois de travaux et de tâtonnements, l’essai au large s’est montré agité, mais assez probant. Le navire a vogué à travers la mer Rouge, bravant la houle et des vagues de près de deux mètres, à la recherche d’une mystérieuse route commerciale. Mentionnée dans le relief de Louxor, celle-ci reliait les ports égyptiens de la mer Rouge à un « pays de Pount » mal identifié, mais décrit comme étant la source de nombreuses richesses. La connexion maritime vers ce pays de cocagne était de la plus haute importance. À son accession au pouvoir, Hatshepsout, la reine-pharaon de la XVIIIe dynastie, organisa sans tarder une expédition. Le rétablissement du commerce vers cette énigmatique voisine assura à la souveraine le soutien immédiat du clergé d’Amon. Et près de vingt années d’un règne paisible. Ainsi voguaient les affaires de l’Égypte ancienne.


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