Le Qatar est devenu une victime collatérale des conflits du Proche-Orient. Il doit désormais concilier son rôle traditionnel de médiateur et celui de partie prenante aux guerres qui déchirent la région. D’où son défi de résoudre la quadrature du cercle: maintenir sa prospérité qui dépend de l’Iran et préserver sa sécurité liée à celle des Etats-Unis, malgré la guerre qui oppose ces deux pays.
«Si les médiateurs deviennent eux-mêmes la cible d’attaques des belligérants, cela signifie que le sang n’a pas fini de couler sur les champs de bataille». C’est le sombre constat qu’a dressé Mohammed al-Khulaifi, le ministre d’Etat qatari chargé de la médiation lors de son intervention au Forum de Genève pour la paix (Geneva Peace Forum), le 12 octobre dernier. L’homme parle d’expérience. Depuis des années, il a été engagé dans de multiples médiations en Afrique, en Amérique latine ainsi qu’entre Moscou et Kiev, facilitant notamment le rapatriement d’enfants ukrainiens dans leur pays. Depuis l’affrontement irano-américain et la guerre entre le Hamas et Israël de 2023, le Qatar s’est en effet retrouvé la cible d’attaques, bien qu’il continue de s’entremettre entre les belligérants.


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