NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
« C’est comme si un ami venait de mourir », confie Heidi Bliedung après l’incendie de dimanche qui a ravagé l’hôtel Westminster, à Dawson, où se trouvait le bar le Pit qu’elle a géré pendant une quinzaine d’années. Dans cette communauté yukonnaise de 2400 habitants, un grand nombre partage le même sentiment de perte.
Construit en 1898, le bâtiment rose était bien plus qu’un simple bar : c’était un lieu de rassemblement emblématique, profondément ancré dans la vie locale.
On y allait pour retrouver un ami, chercher du travail, discuter autour d’un café le matin [...] ou prendre une bière. C’était un endroit très accueillant, raconte Heidi Bliedung, qui habite Dawson depuis près de 35 ans.
C’est l’un des premiers lieux où elle a elle-même mis les pieds.
Ce vieux bar, souvent animé par des musiciens locaux, représentait le cœur de la communauté, continue-t-elle.
Ouvert à l’année, contrairement à beaucoup de commerces dans cette ville touristique, l’établissement était fermé au moment de l’incendie pour des travaux. La rupture d’une conduite d’eau municipale en janvier l’a inondé. La gérante Josée Montreuil, ainsi que la communauté, espérait une réouverture en juillet.

La foule observe l'incendie qui a ravagé l'hôtel Westminster à Dawson dimanche.
Photo : CBC / Chris MacIntyre
Sous le choc
On ne peut pas vraiment s’imaginer Dawson sans ce lieu, dit l’auteure québécoise Emmanuelle Pierrot. Plusieurs personnes qui ne sont jamais allées à Dawson ont découvert le Pit à travers son roman, La version qui n’intéresse personne, publié en 2023.
Celle qui a vécu sept ans dans la communauté au début des années 2010 se dit sous le choc.
Elle raconte que le café s’y vendait 1,50 $ et qu’il était gratuit pour ceux qui n’avaient pas d’argent. C’était ouvert à tout le monde, insiste-t-elle, décrivant les liens qui s’y tissaient et les riches discussions, surtout pendant les rudes hivers.

L'autrice Emmanuelle Pierrot (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
La dernière fois qu’elle y a pris un café, c’était en décembre dernier, sans jamais imaginer que ce serait la dernière.
Mes amis là-bas ont l’intention de continuer à se réunir sur les ruines du Pit pendant tout l’été, affirme Emmanuelle Pierrot.
Une ville en deuil
Dimanche matin, le maire de Dawson, Stephen Johnson, était parmi les gens à regarder le bâtiment rose, qui est aussi un repère visuel pour les touristes, noircir sous la suie.

Le maire de Dawson, Stephen Johnson, était, comme tous les résidents, sous le choc dimanche.
Photo : CBC / Chris MacIntyre
Des exclamations de stupeur ont d'ailleurs parcouru la foule quand la majeure partie du bâtiment s’est effondrée.
Il abritait des studios d'artistes, de nombreuses œuvres d’art, des fresques et des objets qui dataient de la ruée vers l’or.
On a perdu une icône dans cette ville. C’est terrible.
Selon Shirley Paraluman, résidente de Dawson depuis 17 ans, toute la ville est en deuil. C’est un morceau d’histoire, pour tout le monde, dit-elle, émue.
Le chef des pompiers à Dawson, Mike Masserey, indique que la cause de l’incendie demeure inconnue et qu’une enquête sera menée.
Il souligne qu’aucun blessé n’est à déplorer et que certains objets, dont l’enseigne du Pit et la caisse enregistreuse, ont pu être récupérés. La personne qui conduisait la pelle mécanique a fait un travail remarquable, affirme-t-il.
Reconstruire?
Heidi Bliedung juge la possibilité d’une reconstruction bien réelle. Selon elle, la communauté aura besoin d’un nouvel espace pour se retrouver et échanger.
Elle souligne toutefois que ce lieu très spécial, dont les murs ont écouté tant d’histoires, sera dur à remplacer. Elle se souvient entre autres de la piste de danse surnommée le micro-ondes, en raison de décorations argentées. Tout était spécial.

1:29
L'incendie a détruit l'hôtel Westminster et son bar dimanche.
Photo : Fournie par Manu Keggenhoff
Emmanuelle Pierrot croit qu’au-delà de l’établissement, c’est la communauté qui donne l’âme à un endroit.
J’ai confiance qu’il va se créer quelque chose de beau à partir des ruines, mais là, je pense qu’on est tous en deuil. Et il faut vivre ce moment-là.
Le maire, questionné à chaud sur la possibilité qu’une reconstruction redonne au Pit ne serait-ce que la moitié de ce qu’il représentait pour la communauté, a dit n’en avoir aucune idée.
Je suis sous le choc, a-t-il ajouté, avant de publier sur les réseaux sociaux que Dawson n’a jamais été une communauté qui laisse ses histoires disparaître et que, le moment venu, on contribuera à façonner ce qui viendra après.
Avec des informations de Chris MacIntyre (nouvelle fenêtre)


3 week_ago
20


























.jpg)






French (CA)