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Longtemps, l’arrivée de l’alambic a été un rendez-vous incontournable à Haute-Goulaine. Au-delà de la fabrication de l’eau-de-vie, le bouilleur de cru incarnait un réel lien social
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Par Rédaction Clisson Publié le 13 sept. 2026 à 10h08
Chaque automne, après les vendanges, une fumée particulière s’élevait dans le bourg de Haute-Goulaine. Celle de l’alambic ambulant, installé pour quelques jours dans la commune. Les habitants apportaient alors leurs tonneaux de marc de raisin ou leurs fruits fermentés afin d’en tirer une eau-de-vie destinée à la consommation familiale.
À cette époque, la commune vivait essentiellement de la vigne. Au XIXᵉ siècle, la viticulture constituait l’une des principales activités économiques de la commune, aux côtés des cultures céréalières et de l’élevage. Les sous-produits des vendanges trouvaient naturellement leur place dans les alambics des bouilleurs de cru.
Le bouilleur de cru n’était pas seulement un artisan. Son passage rythmait la vie locale. Les familles se retrouvaient autour de l’alambic pour attendre leur tour, échanger les nouvelles du village et partager les souvenirs des récoltes passées.
L’opération était très réglementée. Les quantités distillées étaient contrôlées par l’administration des Douanes, tandis que le bouilleur ambulant parcourait les communes du vignoble nantais avec son matériel, s’arrêtant quelques jours dans chaque village.
Quand l’alambic arrivait, tout le monde le savait.
Leurs témoignages ont été recueillis dans le cadre de la balade sonore de la commune.
Une commune marquée par la viticulture
Preuve de l’importance de cette tradition, le bouilleur de cru constitue la douzième et dernière étape de la Balade sonore « Haute-Goulaine, histoires au fil des rues ». Ce parcours patrimonial, créé à partir des souvenirs des anciens habitants, permet de redécouvrir les métiers et les scènes de la vie quotidienne qui ont façonné le bourg. En scannant les QR codes disposés dans le centre-ville, les visiteurs peuvent écouter ces récits qui évoquent une époque où la distillation faisait encore partie des habitudes rurales.
La disparition progressive des petits exploitants, l’évolution de la réglementation et la fin du privilège des bouilleurs de cru ont peu à peu fait disparaître ces rendez-vous d’automne. Aujourd’hui, les alambics ne résonnent plus dans le centre-bourg. Pourtant, grâce aux souvenirs des anciens et au travail de collecte réalisé par la commune, cette page de l’histoire locale continue de vivre.
Une manière de rappeler qu’avant d’être une commune résidentielle aux portes de Nantes, Haute-Goulaine fut avant tout un village de vignerons, où le parfum du marc chauffé faisait partie des odeurs familières de l’automne.
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