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La menace du président américain Donald Trump de retarder l’ouverture de ce nouveau point de passage frontalier entre Détroit au Michigan et Windsor en Ontario est « tout simplement insensée », soutient le maire de Windsor, Drew Dilkens.
Dans un long message publié lundi sur Truth Social, le président Trump s’est plaint du traitement injuste du Canada envers les États-Unis et a affirmé qu’il n’autoriserait pas l’ouverture du pont tant que les États-Unis n’auront pas été pleinement indemnisés pour tout ce que nous leur avons donné, et, surtout, tant que le Canada ne les aura pas traités avec l’équité et le respect qu’ils méritent.
Avec tout ce que nous leur avons donné, nous devrions peut-être posséder au moins la moitié de cet actif [le pont Gordie-Howe].
Drew Dilkens a indiqué à CBC qu’il était convaincu que le pont ouvrirait et que [cela] n’est qu’un obstacle de plus que Donald Trump a placé sur la voie de la réalisation de bonnes choses, non seulement pour notre pays, mais aussi pour le sien .
C’est tout simplement aberrant. Quand j’ai lu ce message, je n’en croyais pas mes yeux, mais c’est malheureusement devenu la norme.
En temps normal, la construction d’un pont reliant deux nations, comme les États-Unis et le Canada serait un moment historique. Un premier ministre rencontrerait un président au milieu du pont, ils se serreraient la main et célébreraient une victoire pour les deux pays. Malheureusement, Donald Trump a créé un climat où je ne pense pas que cela se produira dans un avenir proche , croit l’élu canadien.
Le pont international Gordie-Howe a été entièrement financé par le gouvernement fédéral canadien et les coûts seront recouvrés grâce aux péages perçus lors de son ouverture.

En temps normal, le maire de Windsor, Drew Dilkens, la construction d’un pont reliant deux nations serait un moment historique. (Photos d’archives)
Photo : X/Pont international Gordie-Howe
Ce projet est un partenariat public-privé entre l’Autorité du pont Windsor-Détroit, une société d’État canadienne, et Bridging North America, le partenaire du secteur privé qui regroupe plusieurs entreprises responsables de la conception, de la construction, de l’exploitation et de l’entretien du pont et des deux points d’entrée.
En 2024, le coût du pont s’élevait à 6,4 milliards de dollars. Initialement prévue pour l’automne 2025, son ouverture a été retardée par la pandémie de COVID-19, mais celle-ci devrait avoir lieu dans les prochains mois. Plus tôt ce mois-ci, les responsables du pont ont refusé de commenter la date d’ouverture potentielle.
Ce sera le troisième point de passage frontalier entre les deux villes, après le pont Ambassador et le tunnel Windsor-Detroit.
Au cœur d’une bataille juridique
Le nouveau pont est au cœur d’une bataille juridique qui dure depuis 10 ans entre les propriétaires américains du pont Ambassador existant et le gouvernement fédéral.
Les propriétaires du pont Ambassador, la famille Moroun de Détroit, réclament des compensations pour ce qu’ils considèrent comme une atteinte à leur droit exclusif de percevoir des péages.
La famille Moroun a d’ailleurs fait appel à Donald Trump lors de son premier mandat présidentiel pour bloquer le projet. Cependant, en 2017, le président Trump a soutenu le pont comme un projet prioritaire, publiant une déclaration commune avec le premier ministre de l’époque, Justin Trudeau, le qualifiant de lien économique vital entre nos deux pays.
Avec les informations de Kathleen Saylors, CBC News


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