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Après les allégations de racisme et de discrimination ayant mené au congédiement de sept agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville réitère sa demande de tenir une séance extraordinaire avec le directeur du SPVM. Les scandales ne cessent de s’accumuler et Projet Montréal croit que le dialogue est la clé pour « rebâtir la confiance avec le public ».
La confiance des citoyens envers le SPVM a été ébranlée au cours des derniers mois, souligne la cheffe intérimaire du parti, Ericka Alneus.
Les scandales qui ont éclaboussé les postes de quartier 21 et 39 ont mené le directeur du SPVM, Fady Dagher, à congédier sept policiers. Parallèlement, plusieurs enquêtes criminelles, disciplinaires et déontologiques sont en cours.
« On parle de personnes racisées, de femmes en situation de violence conjugale, de personnes itinérantes — les personnes les plus marginalisées [et] vulnérables de notre société », s’indigne Ericka Alneus en entrevue avec Le Devoir.
L’élue mentionne que les citoyens veulent comprendre concrètement ce que M. Dagher prévoit mettre en place pour que de telles situations ne se reproduisent plus.
Mme Alneus pense que « c’est la moindre des choses qu’on ait l’espace pour poser des questions sur ce qui se passe de manière organisationnelle » au sein du SPVM. Elle demande donc à la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, de tenir une séance d’urgence du conseil municipal pour que les citoyens et les élus puissent en discuter avec Fady Dagher.
Ouvrir le dialogue
« C’est troublant ! Les Montréalais et Montréalaises ont des questions, la mairesse elle-même veut des réponses », mentionne Ericka Alneus.
Elle croit qu’en raison des gestes allégués, certains individus ne sont plus à l’aise avec les policiers et pourraient hésiter à demander de l’aide. « Le travail des policiers est important. Il est névralgique pour le sentiment de sécurité et de soutien », rappelle la cheffe de Projet Montréal. « On ne peut pas se passer de dialoguer », ajoute-t-elle.
« Le problème, c’est qu’on se trouve dans une situation qui est tellement grave qu’il ne faut pas laisser notre impatience nuire à l’issue d’aboutissements qui pourraient mener à de réels changements », affirme de son côté Joanna Kanga, l’attachée de presse de la mairesse de Montréal.
Selon l’administration Martinez Ferrada, la séance extraordinaire du conseil municipal devrait se tenir une fois les enquêtes terminées. Mme Kanga reconnaît que « c’est frustrant », mais estime qu’étant donné que la situation est « sans précédent », il faut « s’armer de patience ».
Selon Projet Montréal, il est « urgent » et nécessaire de tenter de rétablir les liens entre le public et le SPVM. Mme Alneus rappelle que le but de cette séance municipale n’est pas de s’immiscer dans les enquêtes.
Rappel des faits
Cet été, une équipe de 16 policiers du poste de quartier 39 dans Montréal-Nord a été démantelée en raison d’actes racistes allégués. Certains policiers auraient entre autres coupé des mèches de cheveux de personnes noires et d’origine arabe interpellées, pour les collectionner comme des « trophées ».
Récemment, une autre controverse a éclaboussé le poste de quartier 39, dont l’un des policiers est aussi soupçonné d’avoir effacé des preuves de violence conjugale se trouvant dans le téléphone de la victime.
Et, au poste de quartier 21, un policier aurait uriné sur le matelas d’une personne en situation d’itinérance et un autre aurait commis des gestes à connotation raciste.


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