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Quarante-huit heures après l’annonce du projet de gaz naturel liquéfié Kino Aski GNL, qui prévoit un terminal d’exportation entre Baie-Comeau et l’Europe, Greenpeace Canada remet en question la façon dont le partenariat entre la Nation atikamekw et l’entreprise norvégienne Marinvest Energy est présenté au public.
Dans son communiqué, la Nation atikamekw confirme que Marinvest Énergy agit à titre de partenaire minoritaire et apporte son expertise internationale dans le domaine de l’énergie au projet Kino Aski GNL.
Une annonce qui soulève des questions chez le responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace Canada, Louis Couillard.
« Selon ma compréhension de la situation, ce n’est pas très clair si le territoire des Atikamekw se retrouve ou non sur les tracés de pipelines étudiés », déclare-t-il.
Il se questionne ainsi sur la place accordée à la Nation atikamekw dans le projet, alors qu’il n’est pas clairement établi que son territoire serait traversé par les infrastructures projetées.
Guy Simard, directeur du développement industriel chez ID Manicouagan. Photo archives
« Une coalition de Premières Nations »
De son côté, le directeur du développement industriel chez Innovation et Développement Manicouagan (ID Manicouagan), Guy Simard, rappelle sa compréhension du projet présenté initialement par Marinvest Energy.
« On avait compris que l’entreprise proposait un projet de corridor énergétique, en précisant vouloir faire ce projet avec les Premières Nations », explique-t-il.
Selon lui, l’objectif de l’entreprise était notamment d’impliquer les communautés autochtones dans le développement du projet, à l’image d’autres initiatives énergétiques qui prévoient une participation des Premières Nations.
Le site officiel de Kino Aski GNL précise d’ailleurs que le projet « repose sur le principe que le développement économique doit être réalisé avec et par les Premières Nations ».
On y indique également que sa structure de gouvernance doit permettre aux communautés autochtones de participer aux décisions importantes et de bénéficier d’occasions économiques à long terme.
« Depuis quelque temps, l’entreprise discute avec toutes les communautés. Ce que j’ai compris aujourd’hui, avec l’annonce, c’est qu’il y a une emphase avec la communauté Atikamekw », affirme Guy Simard.
Selon cette compréhension du projet, les Premières Nations concernées au Québec seraient donc invitées à participer à une forme de coalition qui contribuerait à sa gouvernance.
Une interprétation qui ne convainc toutefois pas complètement Louis Couillard. Le militant estime que cette présentation risque de gommer les distinctions entre les différentes nations et communautés concernées.
« Les Premières Nations, ce n’est pas un bloc monolithique. Il y en a 11 nations au Québec. Ce projet-là, il traverse le territoire de quatre nations », souligne-t-il, évoquant plus d’une vingtaine de communautés qui pourraient être concernées.
Guy Simard termine en précisant toutefois que le processus visant à réunir et à impliquer les Premières Nations aurait lieu avant le dépôt officiel du projet par Marinvest Energy.
Il demeure impossible de déterminer pour l’instant à quel moment l’entreprise déposera son projet, ou même si elle ira de l’avant avec celui-ci.
Le responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada, Louis Couillard. Photo Roseline Pelletier
Pessamit en première ligne
Sur la Côte-Nord, c’est la Nation innue qui serait la plus directement touchée par les infrastructures projetées, selon Louis Couillard.
« Le pipeline traverse le Nitassinan de la Nation innue », rappelle-t-il, faisant référence au territoire ancestral innu où des familles sont établies depuis des générations.
La communauté de Pessamit ne s’est pas prononcée en faveur du projet jusqu’à présent.
Louis Couillard sera en direct sur sa page Facebook ce jeudi 20 août à 10 h avec Natasha Kanapé Fontaine. Ils parleront davantage de cette nouvelle et du dossier. Le Journal suivra ce direct.
Avec Karianne Nepton-Philippe
Roseline Pelletier
Initiative de journalisme local


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