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L’organisme Lieu d'actions et de services travaillant dans l'unité avec les sans-emplois (L.A.S.T.U.S.E) au Saguenay dénonce les défaillances du programme UNIR et somme le ministère de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire d’abandonner le système.
Ce dernier a été adopté dans la foulée de la réforme de l’aide sociale, amorcée en 2024, afin d’assurer la gestion centralisée et numérique des dossiers d’aide sociale.
Selon un récent reportage de l’émission Enquête, un an après son déploiement, le nouvel algorithme aggrave la précarité des personnes qui reçoivent l’aide sociale.
Comme plusieurs autres organismes communautaires, L.A.S.T.U.S.E souligne que, depuis la mise en place du programme, les prestataires reçoivent des informations contradictoires, font face à des délais d’attente exagérés et vivent de la confusion et de l’anxiété.
De façon régulière, on a des dossiers qui prennent deux, trois mois avant de se régler, déplore le coordonnateur de L.A.S.T.U.S.E du Saguenay, Sylvain Bergeron, en entrevue à C’est jamais pareil.

Le coordonnateur de L.A.S.T.U.S.E. du Saguenay, Sylvain Bergeron, estime que le programme UNIR déshumanise l'aide sociale. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alexandra Duchaine
Or, avant l’implantation du système, un prestataire attendait en moyenne 10 à 12 jours avant d’obtenir un premier chèque, rapporte M. Bergeron.
Ça n'a plus de sens.
L’organisme basé à Chicoutimi déplore également que les dossiers ne soient plus attitrés à un agent, mais plutôt à n’importe quel fonctionnaire disponible, peu importe la région où il est basé. Cela force les prestataires à répéter leur histoire à chacun des agents auquel ils font affaire. Il n’est plus rare que des documents soient perdus et que des erreurs surviennent, note M. Bergeron.
De surcroît, le virage 100 % numérique de l’aide sociale laisse dépourvues de nombreuses personnes vivant des défis en matière de littératie ou encore de déficience intellectuelle, note Sylvain Bergeron.
Le système est désormais déshumanisé et ne tient pas compte de la réalité des gens, tranche le coordonnateur de L.A.S.T.U.S.E.
Une hausse des crises suicidaires
Sylvain Bergeron constate que, face à l’incertitude et la précarité, de plus en plus d’usagers de L.A.S.T.U.S.E se retrouvent acculés au pied du mur.
Plusieurs personnes me disent "Ben, je vais arrêter de prendre mes médicaments, puis je vais me laisser mourir". Ça, je l'ai entendu à peu près au moins cinq, six fois dans la dernière année.
Ce qu'on demande, c'est simplement d’abolir le projet UNIR et de revenir à ce qu’était l'aide sociale auparavant, argue-t-il.


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