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Une profonde tempête atlantique est en train de se former à l'ouest de l’Espagne et du Portugal. Et elle aura des conséquences en France.
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Par Briac Trébert Publié le 5 nov. 2026 à 21h04 ; mis à jour le 5 nov. 2026 à 21h32
Alors que des salves orageuses très pluvieuses se succèdent ce jeudi 5 novembre 2026 et provoquent des risques d’inondations très importants dans le sud-est, contraignant Météo France à déclencher la vigilance orange dans plusieurs départements, la suite du menu météo s’annonce, elle aussi, très humide, et ce, sur de nombreuses régions !
En cause ? Une tempête en cours de creusement dans l’Atlantique, qui a déjà été nommée tempête Bruna par l’Institut portugais de la mer et de l’atmosphère (IMPA), le service météo du Portugal, ce jeudi soir.
Un système qui va subir une cyclogenèse
« Ce système, actuellement à l’ouest des Açores, va subir une cyclogenèse, c’est-à-dire qu’il va s’intensifier en se creusant », explique, sur actu.fr, le météorologue et océanographe Yann Amice. Et il ne s’agit en réalité pas d’un seul système dépressionnaire, mais d’une vaste dépression isolée au voisinage des Açores, à l’intérieur de laquelle plusieurs centres de basse pression coexistent !
Et, ce week-end des samedi 7 et dimanche 8 novembre 2026, ces centres devraient tourner les uns autour des autres, puis fusionner en un seul cœur, beaucoup plus creux, en direction de l’ouest de la péninsule Ibérique. Ce ballet de dépressions, ou de ces centres d’action, rappelle « l’effet Fujiwhara », du nom d’un météorologiste du début du siècle qui a longtemps étudié l’action réciproque de typhons dans le Pacifique occidental.
Cette interaction a parfois pour conséquence de mettre en rotation ou de faire tournoyer en quelque sorte, deux cyclones l’un autour de l’autre, d’où l’appellation de "valse" parfois employée à la place d’"effet". Au sens strict, l’effet Fujiwhara concerne surtout les cyclones tropicaux distincts.
Dans l’océan Atlantique, ce cas de figure n’est pas très fréquent, mais, en 1995, la tempête tropicale Karen s’était ainsi mise à tournoyer autour d’Iris, ouragan de classe 3, et avait finalement été phagocytée par ce dernier, beaucoup plus intense.
Deux systèmes dépressionnaires qui s’apprêtent à danser
En clair, deux systèmes dépressionnaires qui s’apprêtent à danser sur une piste située juste à l’ouest de l’Espagne.
La situation actuelle est ainsi une forme voisine de cet « effet Fujiwhara ». Ce ne sont pas des cyclones tropicaux, mais des minima d’une même dépression qui interagissent puis se regroupent. Certains modèles météo prévoient même jusqu’à trois centres de basse pression simultanément au large de l’Espagne et du Portugal.
Ce système va potentiellement bénéficier d’un apport d’air subtropical très humide, en provenance des basses latitudes, par son flanc sud. Mardi 10 novembre, il pourrait acquérir des caractéristiques hybrides, « à mi-chemin entre une tempête classique de nos latitudes et une dépression subtropicale », commente Yann Amice.
Et, dès ce week-end des samedi et dimanche 8 novembre, ce contexte favorisera le retour d’un courant de sud en France, avec une hausse très sensible des températures dans le sud-ouest, alors que le mercure est actuellement sous les normales de saison sur une grande partie du pays, un événement après des mois de canicules et vagues de chaleur.
Des pluies fréquentes et soutenues en France, et du vent
Cette douceur devrait gagner les trois quarts du pays en début de semaine prochaine, alors que cette profonde dépression, située au large du Portugal, commencera à étendre son influence à la France, avec un temps nettement plus agité, des pluies fréquentes et soutenues, et du vent.
Cette humidité et cette douceur, c’est d’ailleurs la tendance pour ces prochains mois, comme nous l’expliquons dans cet article. Ce, notamment en raison du phénomène climatique El Niño, qui continue de se renforcer dans le Pacifique.
En étudiant, sur les 50 dernières années, l’ensemble des hivers coïncidant avec des épisodes El Niño, les scientifiques ont extrait un signal « moyen » associé au phénomène. Sur l’Europe, ce signal se traduit, en début d’hiver (novembre-décembre), par une faiblesse de pression de surface sur l’Atlantique Nord, avec en moyenne un peu plus de pluie et des températures plus tempérées sur l’Europe de l’Ouest. En fin d’hiver (janvier-février), ce signal moyen favorise des températures plus faibles sur la Scandinavie et plus élevées sur la Méditerranée, ainsi qu’un peu plus de pluie sur le sud-ouest de l’Europe.
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