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Le comité législatif permanent sur la croissance économique et l’éducation de l'Île-du-Prince-Édouard a débattu jeudi de l’approvisionnement en électricité et de la sécurité énergétique de la province.
Jason Roberts et Angus Orford, respectivement PDG et vice-président de Maritime Electric, la compagnie d’électricité de l'Île-du-Prince-Édouard, ont comparu devant les députés.
La demande en électricité a bondi de 66 % depuis 2005 dans la province, ont rapporté les responsables. Il s’agit de la plus forte croissance au pays.
En face, l'offre ne suit pas. L’île importe environ 85 % de son électricité du Nouveau-Brunswick, dont 15 % de la centrale nucléaire de Point Lepreau
Ces dernières années, Maritime Electric a cependant plus de mal à en acheter à son voisin, car la demande augmente aussi de l’autre côté du pont de la Confédération, a expliqué Jason Roberts.
Le Nouveau-Brunswick nous répond qu’il n’a pas d’électricité à nous vendre, ou que nous devrons la payer très cher.
Le PDG est particulièrement inquiet, car le contrat d'achat d'électricité avec le Nouveau-Brunswick doit être renégocié d’ici quelques mois.
Comment l’île en est arrivée là?
La situation préoccupe fortement les élus. Toute tendance politique confondue, ils ont dénoncé le manque d’anticipation de Maritime Electric.
Le député progressiste-conservateur Brendan Curran a parlé d’une absence de vision.
Comment l’île en est arrivée là? Nous sommes au bout du rouleau de la capacité et nous disons que nous allons couper le courant aux insulaires cet hiver.
Brendan Curran fait référence au plan de délestage, qui suscite de fortes craintes chez les députés. Les insulaires pourraient subir des coupures de courant tournantes, afin d'éviter des pannes totales.
Maritime Electric veut mettre en place un système d’alerte avec un code couleur progressif, pour inciter les usagers à réduire ponctuellement leur consommation et les prévenir le plus en amont possible d’éventuelles coupures.
Le député vert Matt MacFarlane a, lui, souligné le besoin de miser davantage sur les énergies renouvelables, tout en trouvant des manières de diminuer la demande en électricité. Le président du comité, le vert Peter Bevan-Baker, a notamment évoqué l’installation de compteurs et de chauffe-eau intelligents.
Deux nouvelles turbines diesel en 2028
À cet égard, Jason Roberts a estimé que la mise en place d'un réseau électrique vert est complexe sur le plan technique et économiquement irréalisable en raison du coût prohibitif.
Le vent a ses limites à cause de sa variabilité et le soleil n’a aucune capacité car les pics de demande arrivent à 18 h durant l’hiver, a appuyé Angus Orford.
Pour les responsables de Maritime Electric, l’installation de deux turbines diesel de 100 MW à Charlottetown est la solution la plus économique et la plus fiable pour répondre aux pics de demande hivernaux. Ils tablent sur une mise en service en 2028.

« Le problème, c'est qu'aucune capacité significative n'a été ajoutée au système », explique Jason Roberts, le PDG de Maritime Electric. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Le coût de 334 millions $ inquiète cependant les députés, notamment le progressiste-conservateur Tyler Desroches. Ce n’est pas Maritime Electric qui paiera pour ça, mais les contribuables de l'île, a-t-il déploré.
Cela représente un coût important pour les contribuables, qui ont déjà des difficultés financières, a abondé dans le même sens la libérale Carolyn Simpson.
Maritime Electric réclame déjà pour d’autres raisons une hausse temporaire des tarifs d’électricité à compter du 1er mars 2026.


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