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France 05/03/2026 14:49 Actualisé le 05/03/2026 14:49
Le patron des magasins U a estimé que l’État est le « grand gagnant » de la hausse du prix de l’essence, en raison des taxes opérées.
Par Maëlle Roudaut avec AFP

JEAN-MARC BARRERE / Hans Lucas via AFP
Prix du carburant : Bercy réfute les accusations du patron de U sur le prix de l’essence. Photo d’illustration.
Le ministère de l’Économie a réfuté ce jeudi 5 mars le fait que l’État soit le « grand gagnant » de la hausse du prix des carburants liée à la guerre en Iran et au Moyen-Orient, comme l’a affirmé dans la matinée le patron des magasins Hyper U et Super U, Dominique Schelcher.
Invité sur France info, ce dernier a en effet fait valoir que « plus de 51 % du prix que vous payez à la pompe part directement dans les poches de l’État ». Il a ajouté que « l’essentiel du prix du carburant, ce n’est pas les marges des distributeurs, (...) mais les taxes », et précisé que la fréquentation des stations essence a doublé en l’espace d’une semaine.
Mais qu’en est-il vraiment ? Selon l’Ufip (Union française des industries pétrolières), le prix du litre de carburant se compose environ de 30 % du coût des matières premières, de 50 à 55 % de taxes (TVA et accise) et de 15 à 20 % de coûts de distribution.
Pas d’augmentation de l’accise, et un taux fixe pour la TVA
« Ce qu’il faut rappeler concernant la fiscalité énergétique, c’est que la plus grande part des recettes liées au carburant » à savoir l’accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE, taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) « ne dépend pas du prix du carburant », a en outre rappelé le ministère de l’Économie lors d’un point presse téléphonique ce jeudi.
« La seule part qui va augmenter quand les prix augmentent, c’est la TVA », fixée à 20 %, a-t-il ajouté. Bercy précise d’ailleurs qu’un choc pétrolier « n’a jamais été une bonne nouvelle pour les finances publiques » car cela « affecte la croissance et donc affecte les recettes de l’État ».
« Pas de crainte sur l’approvisionnement »
Le ministère de l’Économie a reçu jeudi les distributeurs de carburant pour « s’assurer » qu’ils ne pratiqueront pas de hausses exagérées des prix, par rapport à celle des cours du pétrole.
« Ce qui ressort de cette réunion, c’est qu’on est tous mobilisés : il n’y a pas de rupture, de crainte à avoir sur l’approvisionnement », a indiqué l’Ufip à l’AFP. « Il peut y avoir des ruptures dans quelques stations, mais au niveau national on a un taux de fonctionnement de nos stations-service de 97 % ».
Le ministre Roland Lescure avait appelé mercredi à « garder son sang-froid » car d’après lui, « il n’y aura pas de pénurie nationale ». Selon les prix à la pompe recensés par Bercy, le litre de SP-95/E10 se vend jeudi matin en moyenne à 1,78 euro, 7 centimes de plus que le 27 février, à la veille des premières frappes israélo-américaines en Iran.


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