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Par W.G.B avec AFP
Le 11 mars 2026 à 11h44
Les propos du premier ministre, tenus lors du Conseil des ministres ce mercredi, sont une attaque à peine voilée envers les pistes formulées par les oppositions, RN et LFI en tête, afin d’atténuer les effets de la flambée des cours du pétrole sur le pouvoir d’achat des ménages.
Passer la publicité Passer la publicitéFace à la flambée des prix à la pompe, l’exécutif veut garder la tête froide. Le premier ministre Sébastien Lecornu a mis en garde en Conseil des ministres ce mercredi matin contre des mesures «aussi démagogues qu'inutiles», comme une baisse de la TVA sur les carburants. Une attaque à peine voilée envers les pistes formulées ces derniers jours par les oppositions, RN et LFI en tête, afin d’atténuer les effets de l’augmentation des cours de l’or noir sur le pouvoir d’achat des ménages.
«Il faut (...) ne pas céder aux mesures aussi démagogues qu’inutiles qui seraient non seulement inefficaces pour le prix à la pompe, mais aussi catastrophiques pour nos finances publiques. Ce que les Français finissent toujours par payer en impôts... L’échec du précédent de baisse de la TVA sur les carburants en Pologne en 2022 était pourtant édifiant», a dit le premier ministre, selon des propos rapportés par son entourage.
Depuis le déclenchement de l’offensive israélo-américaine en Iran, les Insoumis ont appelé l’exécutif à «réfléchir à un blocage des prix» des carburants. Une proposition de loi a ainsi été déposée en fin de semaine dernière par la députée Aurélie Trouvé afin de permettre «le blocage ou le plafonnement temporaire des prix de l’énergie» en cas de crise. De l’autre côté de l’échiquier politique, le RN suggère, quant à lui, de baisser la TVA sur l’énergie et l’accise sur les produits pétroliers (l’ex-TICPE). Un moyen de faire dégonfler la facture, les taxes représentant environ la moitié du prix à la pompe.
Le gouvernement n’a pas caché sa méfiance face à ces propositions, qui avaient déjà été formulées à chaque hausse des prix des carburants, y compris en 2022 après l’invasion russe de l’Ukraine. Peu ciblées et trop chères, celles-ci ne convainquent pas l’exécutif : «La TVA, c’est 17 milliards d’euros pour l’État en moins», s’est étranglé le ministre de l’Économie, Roland Lescure, la semaine dernière.
Des propositions alternatives attendues
Ce mercredi, le gouverneur de la Banque de France a également rappelé que notre pays avait les poches vides, et disposait donc de marges de manœuvre réduites. «Nous n’avons plus d’argent, nous, Français. (...) Si nous creusons encore les déficits et la dette, cela va pénaliser les Français eux-mêmes», a prévenu François Villeroy de Galhau sur RTL. Même son de cloche du côté du ministre des Comptes publics : «Nous avons un devoir impérieux de maîtrise des comptes publics», a rappelé David Amiel sur France Inter, se disant «frappé» de voir des partis comme le RN proposer «aujourd’hui une pluie de milliards d’euros dont ils n’ont pas le début d’un centime, et qui n’aboutiraient qu’à reprendre d’une main ce qu’ils prétendent donner de l’autre, et qui demain s’indigneraient de nouveau du niveau de la dette».
À la place, lors du Conseil des ministres, Sébastien Lecornu a demandé aux ministres des propositions pour «protéger les consommateurs» de la volatilité des prix de l’énergie. Ces propositions pourraient être faites «notamment en expertisant des mesures réglementaires de plafonnement des marges ou des mécanismes permettant de lisser les hausses et les baisses des prix des carburants», a-t-il détaillé, d’après son entourage. Le gouvernement reste également prêt, «si la crise devait durer, à faire évoluer les dispositions déjà prises pour protéger les Français», a-t-il ajouté.


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