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En raison de leur non-admissibilité au Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO), les deux tiers des étudiants de la première cohorte de l'Université de Sudbury n’ont pas réitéré leur inscription cet automne.
Sur les 30 étudiants qui avaient commencé leur parcours à la rentrée 2025, seulement 10 d’entre eux ont confirmé, en date du 19 août, qu’ils poursuivraient leur deuxième année à Sudbury.
Parmi ceux qui ne sont pas en mesure de continuer, 90 % ont indiqué qu’ils quitteraient la région.
Sans être l’unique raison du départ de ces étudiants, l’accès au RAFEO est le principal facteur évoqué par ceux qui ont choisi de partir, selon l’Université de Sudbury.
Le blocage persiste
Bien que la province ait investi 21,6 millions de dollars pour permettre la relance des programmes à l’Université de Sudbury à l’automne 2025, l’établissement n’est toujours pas admissible au régime provincial d’aide financière.
Rappelons que la première cohorte avait bénéficié d’une première année gratuite grâce à ce financement. Les étudiants n’avaient donc pas besoin du RAFEO pour financer leur première année d’études.
La situation change maintenant qu’ils doivent assumer les coûts de leur deuxième année.
Interpellé plus tôt cet été, le ministère des Collèges et Universités avait justifié l’exclusion en qualifiant l’Université de Sudbury d’établissement non admissible dont les programmes ne sont pas approuvés.
Relancé de nouveau, le ministère n'a fourni aucune réponse susceptible de démontrer une évolution du dossier à l'aube de la rentrée universitaire.
En juin dernier, la présidente de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), Marie-Claude Bisson, avait qualifié la décision du gouvernement ontarien de dévastatrice.
Les jeunes du Nord doivent déjà déménager pour poursuivre leurs études dans leur langue maternelle et, maintenant, ils ont un nouveau défi à relever ; financer leurs études, avait-elle déclaré.
En attendant, l’Université de Sudbury dit tenter de trouver des solutions avec les moyens dont elle dispose.
Afin d’atténuer les conséquences de l’absence d’accès au RAFEO, l’Université de Sudbury a bonifié son programme de bourses étudiantes à même ses propres fonds réservés, indique l’établissement dans une réponse écrite.
Elle accompagne également les étudiants dans l’exploration des options de financement qui leur sont accessibles, dont une ligne de crédit étudiante offerte par Desjardins.
L'intérêt demeure
Malgré cette situation, l’Université de Sudbury rapporte une croissance des demandes d’admission pour sa deuxième année opérationnelle.
L’établissement francophone a notamment envoyé 67 offres d’admission pour l’année universitaire 2026-2027, soit une hausse de 10 % par rapport à l’année précédente.
Cet été, 17 nouveaux étudiants ont confirmé leur inscription en première année. Le portrait définitif des inscriptions ne sera toutefois connu qu’en novembre.
L’université estime que cette hausse montre que l’intérêt pour ses programmes demeure bien présent.
[Ces données] témoignent d’un enjeu d’accès au financement des études plutôt que d’un manque d’intérêt envers l’offre universitaire.

Le drapeau franco-ontarien est hissé devant l’Université de Sudbury depuis plus de 50 ans.
Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau
Certains étudiants de la première cohorte ont aussi choisi de poursuivre leur parcours à Sudbury.
C’est le cas de Devon Proulx, qui entame sa deuxième année en histoire. Il compte d’ailleurs compléter son baccalauréat de quatre ans dans son université de choix, avec ou sans accès au RAFEO.
J’aime étudier là, j’aime l’ambiance. C’est accueillant, c’est ouvert, j’adore ça, témoigne-t-il.
L’environnement francophone de l’établissement a aussi contribué à sa décision de rester.
Pour sa part, l’Université estime que les indicateurs demeurent encourageants malgré les difficultés liées au financement étudiant.
Les demandes d’admission ont augmenté malgré cet enjeu, et les programmes en sciences de la santé et en arts suscitent notamment un intérêt important auprès des Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens, conclut le rectorat.
La rentrée universitaire aura lieu le 8 septembre.


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