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Politique 09/06/2026 08:15 Actualisé le 09/06/2026 08:56
Le maire PS de Saint-Ouen, qui se voit comme un candidat « qui fédère » la gauche sociale-démocrate, vient ajouter son nom à la longue liste de prétendants.

DANIEL PERRON / Hans Lucas via AFP
Karim Bouamrane a annoncé sa candidature à la présidentielle ce mardi 9 juin.
Un nouveau nom sur la ligne de départ. Ce mardi matin, Karim Bouamrane a surpris son monde en annonçant être « candidat pour être le prochain président de la République ». Le maire PS de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), qui avait fait irruption sur la scène nationale à l’été 2024 lorsque la gauche rêvait de Matignon, croit pouvoir « fédérer » la gauche sociale-démocrate.
Le problème étant qu’il y a un embouteillage de candidatures sur cet espace politique. Outre Raphaël Glucksmann, qui s’est laissé trois mois pour mûrir sa décision, François Hollande, Bernard Cazeneuve et Jérôme Guedj ont eux aussi fait part de leurs intentions. « Je ferai tout pour qu’il y ait un bulletin Karim Bouamrane et que le bulletin Karim Bouamrane gagne », a assuré l’élu, convaincu d’être « ancré dans le réel ».
Alors que le Parti socialiste n’a pas encore de stratégie très claire vis-à-vis de l’élection présidentielle (un vote des militants doit intervenir au début de l’été), le maire de Saint-Ouen, 53 ans, assure qu’il ne passera pas par la case primaire. « Quand je suis sur le terrain, on ne me parle pas de primaire. On parle de logement, de dignité », déclare-t-il. Cette hypothétique primaire a d’ailleurs du plomb dans l’aile, beaucoup considérant qu’elle n’aura jamais lieu.
En quelques minutes sur France Inter, Karim Bouamrane donné le ton de sa campagne. Son objectif : écarter « le dilemme » d’un duel entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon, qu’il assume de renvoyer « dos-à-dos ». « Pour moi c’est pareil. Je refuse cette fatalité ». Ajoutant : « On est majoritaires à vouloir une France humaine, forte, qui protège, qui sécurise. Il faut péter la reproduction des inégalités sociales ».
Celui que la presse internationale a parfois surnommé le « Obama français », défenseur d’une gauche ferme sur le régalien, ne croit pas que son manque de notoriété sera un obsctacle pour l’emporter. « Quand Jean Castex est nommé Premier ministre, on ne lui dit pas qu’il n’est pas connu. Quand Édouard Philippe est nommé Premier ministre, il est maire du Havre, on ne lui dit pas qu’il n’est pas connu », exprime-t-il.
Karim Bouamrane a toujours entretenu une relation conflictuelle avec La France insoumise. Au printemps, il a notamment tenté de chiper la présidence de l’une des premières intercommunalités de Seine-Saint-Denis au maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko. Sans succès. Il a dénoncé les accords locaux qui ont pu se nouer dans l’entre-deux-tours des élections municipales entre le PS et LFI, assurant que c’est ce qui avait fait perdre la gauche. Sans réussir à convaincre, là non plus. Il avait alors demandé la démission d’Olivier Faure de la direction du Parti socialiste. Sans obtenir gain de cause.
Récemment, Karim Bouamrane a fait parler de lui en s’opposant frontalement à Master Poulet, cette enseigne de fast-food peu chère, prisée des habitants des quartiers populaires. Le maire de Saint-Ouen a tout fait pour empêcher l’installation de cette chaîne dans sa ville, allant jusqu’à installer des blocs de béton devant les portes.


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