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En reliant les pillages du 17 octobre à la question de l'immigration, Édouard Philippe a déclenché une salve de réactions à gauche. Défendu par Maud Bregeon, qui estime qu'il exprime tout haut ce que les Français pensent tout bas, le candidat à la présidentielle est accusé de reprendre les codes rhétoriques de l'extrême droite.
La rédaction avec AFP - Hier à 19:55 | mis à jour hier à 20:11 - Temps de lecture :
Après les propos d'Édouard Philippe reliant les pillages du 17 octobre à l'immigration, le camp du candidat Horizons à la présidentielle se retrouve accusé par la gauche de flirter avec les idées de l'extrême droite, notamment Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et soutien du maire du Havre. « Le glissement de la droite s'accélère. Bientôt l'avalanche », s'est indignée ce lundi la candidate écologiste Marine Tondelier sur X. En cause, des déclarations de Maud Bregeon dans la matinée sur franceinfo.
« Je crois qu'Édouard Philippe a dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas, à savoir qu'on a un problème d'intégration qui est réel en France », a affirmé la porte-parole du gouvernement, alors que son candidat est en concurrence avec plusieurs rivaux au centre et à droite, de Gabriel Attal à David Lisnard, pour le scrutin de 2027. Dans un entretien accordé au Point, l'ancien Premier ministre avait jugé la semaine dernière « patente » la « surreprésentation » de jeunes issus de l'immigration lors des pillages de magasins le weekend du 17 octobre, citant l'écrivain Charles Péguy pour inviter à « voir ce que l'on voit ».
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Des propos réitérés en substance dimanche soir dans un entretien au journal de 20 heures de TF1. « Maud Brégeon trouve donc ce matin que concernant l'immigration, Édouard Philippe, qu'elle soutient, “dit tout haut ce que les francais pensent tout bas”. Mot pour mot ce que le FN disait de Jean-Marie Le Pen en 2002 », a déploré Marine Tondelier ce lundi. Même son de cloche chez le communiste Ian Brossat, pour qui le fondateur du parti d'extrême droite « utilisait » les mêmes termes « à chaque fois qu'il dégainait ses sorties racistes ».
« Cohésion nationale »
Ce lundi, le maire du Havre s'est à nouveau exprimé sur le sujet, via X, arguant qu'une « France diverse et rassemblée, c'est une France qui réapprend à faire vivre ensemble des femmes et des hommes de toutes origines », et affirmant avoir « conscience que ce n'est pas toujours le cas aujourd'hui », tout en mettant en garde contre « le rejet de l'autre ». Le candidat à la présidentielle affirme que la « solution » vers la « cohésion nationale » réside « dans la rénovation de notre modèle d'intégration », mais aussi dans « un combat déterminé contre toutes les discriminations dont font l'objet tant de Français issus de l'immigration et d'étrangers pleinement intégrés dans notre société ».
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La publication d'Édouard Philippe vient en réponse au leader insoumis Jean-Luc Mélenchon qui l'accuse de « ne pas croire » à ce qu'il dit, mais de parler ainsi « par clientélisme racialiste ». En perte de vitesse dans les sondages, le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron reste néanmoins le candidat du centre et de la droite le mieux placé à moins de 6 mois de l'élection présidentielle dans une campagne pour l'instant dominée par le Rassemblement nationale et la France insoumise.
Lundi sur franceinfo, Maud Bregeon a défendu Édouard Philippe, jugeant que « désormais, tout ce qui se situe à droite d'Olivier Faure », le premier secrétaire du Parti socialiste, est « mis dans le même sac » et « qualifié de raciste » par Jean-Luc Mélenchon.
Seule voix extérieure à la gauche à tirer à boulets rouges sur les propos d'Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, s'est fendu d'un texte pour déplorer le « basculement politique » que représentent selon lui les mots du maire du Havre. « Voir ce que l'on voit, c'est accepter que la démocratie soit désormais captive des écrans » et revient à « essentialiser les positions des uns et des autres en fonction des signes visibles » tels que la « religion » ou la « couleur de peau », a cinglé l'ancien ministre des Affaires étrangères. Une indignation partagée par Olivier Faure pour qui Édouard Philippe « dérive dans les eaux noires des préjugés racistes ».


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