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Présidentielle 2027 : «C’est la première fois que le RN représente un espoir pour des millions de Français», assure Sébastien Chenu

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Invité dimanche du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat, le vice-président RN de l’Assemblée défend le maintien d’une ligne «contestataire» et «souverainiste» à l’approche du scrutin élyséen.

Le Rassemblement national (RN) avance sur une ligne de crête. Jamais le parti n’avait été donné si haut dans les intentions de vote pour la présidentielle de 2027, dont il semble le favori. Mais jamais il n’a été aussi incertain quant à l’identité de son candidat, suspendu au verdict du procès en appel des assistants parlementaires, attendu le 7 juillet, décisif pour l’avenir politique de Marine Le Pen. Et, potentiellement, pour l’entrée en lice de son dauphin, Jordan Bardella, appelé à prendre le relais en cas d’inéligibilité confirmée. D’ici là, le mouvement à la flamme s’efforce d’afficher sa sérénité et de préparer l’échéance, comme en témoigne l’organisation, jeudi et vendredi derniers, d’un «séminaire présidentiel» aux contours flous.

Pas de quoi, toutefois, s’emballer pour Sébastien Chenu. Invité du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat, le vice-président RN de l’Assemblée nationale assure que son mouvement, fort de ses deux prétendants, dispose d’une «longueur d’avance» sur le reste de la classe politique. Et d’ironiser sur la dispersion de ses concurrents, «d’Aurore Bergé à Dominique de Villepin, de Gabriel Attal à Édouard Philippe», en passant par «Bruno Retailleau», jusqu’à «Jean Lassalle». À ses yeux, le RN est d’autant plus en position de force que le «rejet du macronisme est tellement fort» qu’il disqualifiera tout candidat qui y a participé, tandis que son camp «représente pour la première fois un espoir pour des millions de Français». Une analyse teintée d’arrière-pensées de victoire : «Aucun candidat n’a gagné la présidentielle sans représenter un espoir», fait valoir le député du Nord, tout en exhortant son camp à ne pas abandonner sa ligne «contestataire» et «souverainiste».

Il faut toujours chercher à s’améliorer, à être meilleur, à être plus pointu.

Sébastien Chenu lors du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat.

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Peu importe, pour lui, que Marine Le Pen ou Jordan Bardella portent les couleurs du RN en 2027, tant l’un comme l’autre sont au coude-à-coude dans les intentions de vote. Dans ce contexte, en quoi la prochaine campagne présidentielle sera-t-elle différente de celle de 2022, où la patronne des députés RN s’était qualifiée pour le second tour sans parvenir à briser totalement le plafond de verre, recueillant 41,45 % des voix ? «Il faut toujours chercher à s’améliorer, à être meilleur, à être plus pointu», affirme Sébastien Chenu, évoquant une situation en matière d’«insécurité et de pouvoir d’achat» qu’il juge «encore plus dégradée» qu’il y a quatre ans. Une tendance qui, selon lui, «donne raison» au RN.

Un travail de respectabilisation

Dans un paysage polarisé entre Emmanuel Macron, accusé d’avoir «profondément divisé notre pays», et une extrême gauche «clivante de façon très violente», Sébastien Chenu cherche à «rassurer» les Français gagnés par des «réticences» ou des «peurs» face à une arrivée au pouvoir du RN. «Notre programme est totalement républicain et vise à embarquer tous les Français dans une grande réconciliation nationale. Diviser les Français entre Français des villes et des champs, entre jeunes et vieux, pauvres et riches, c’est ce qu’a fait Emmanuel Macron pendant tant d’années ; nous, nous avons vocation à rassembler», développe la figure lepéniste. Avant de conclure, sur un ton moqueur : «Ce n’est pas LFI qui va rassembler !».

Un travail de respectabilisation que le RN mène auprès de l’électorat comme des élites, et notamment des grands patrons. Cela tombe bien : le président du RN, Jordan Bardella, déjeunera ce lundi avec les dirigeants du Medef, après que Marine Le Pen a partagé la table de plusieurs chefs d’entreprise du CAC 40. «C’est une normalisation des relations que nous devons avoir avec les grands patrons (...) mais un échange n’est pas un alignement idéologique», temporise Sébastien Chenu. L’occasion d’afficher ses «désaccords très forts» avec l’organisation patronale, qu’il accuse de défendre une «société sans impôts» ou «sans secteur public».

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