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Entre élevages, transformation à la ferme et marchés, Maxime Roussel voit l'administratif prendre de plus en plus de place. Le numérique l'aide à gagner du temps.
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Par Bertrand Dumarché Publié le 27 juil. 2026 à 18h08
Sur les marchés de Pont-l’Abbé, Kérity, Fouesnant ou Quimper, les clients connaissent bien les produits de la ferme de Kerautret. Côtes de porc, rôtis, pâtés ou viande bovine : tout provient directement de l’exploitation de Maxime Roussel. « Tout ce qui est élevé ici est transformé et vendu par la ferme », résume l’agriculteur installé à Tréméoc.
À la tête de l’EARL depuis trois ans, après avoir repris progressivement l’exploitation familiale de son père Éric, il a choisi de préserver un modèle atypique et fortement intégré. Sur 120 hectares, dont la moitié en prairies, il élève une quarantaine de truies en système naisseur-engraisseur ainsi qu’une quarantaine de vaches allaitantes Angus. Les cultures de maïs et de blé sont principalement destinées à nourrir les animaux.
« Je contrôle toute la chaîne, du semis jusqu’à la vente », explique-t-il. Seule exception : l’abattage, réalisé à l’abattoir du Faou.
Une ferme, plusieurs métiers
Le modèle repose sur une forte autonomie et une valorisation maximale de la production. Toute l’exploitation est conduite en agriculture biologique, un choix qu’il juge cohérent avec les attentes de sa clientèle.
Titulaire d’un bac professionnel CGEA puis d’un CAP boucher, Maxime Roussel dispose des compétences nécessaires pour piloter cette organisation où élevage, transformation et commercialisation sont étroitement liés.
L’entreprise emploie aujourd’hui cinq personnes : deux vendeurs, un salarié chargé des cultures, un boucher et lui-même. Son rôle est de coordonner l’ensemble.
« Un jour je suis au marché parce qu’il faut remplacer quelqu’un, le lendemain au laboratoire, puis à la moisson ou en maternité porcine », illustre-t-il. Dans la même semaine, il change une prise électrique sur le marché et réalise le sevrage des porcelets en élevage ; quelques jours plus tard, une nouvelle série de mises bas était programmée.
Cette diversité fait partie des attraits du métier. « Je suis vraiment heureux dans ce que je fais », affirme-t-il.
Une journée par semaine derrière un écran

Derrière cette activité de terrain se cache une autre réalité, moins visible : la gestion administrative.
« Mon plus gros problème, c’est quand je passe une journée entière au bureau chaque semaine », confie l’éleveur.
Factures, ressources humaines, mutuelles, MSA, PAC, dossiers réglementaires : les tâches administratives s’accumulent. « Si je ne suis pas au bureau, ça s’empile. Il y a toujours un dossier en cours. »
Pour lui, les promesses de simplification faites à la suite des mobilisations agricoles de 2024 restent largement lettre morte. « Les demandes de simplification n’ont rien changé. Quand je me suis installé, j’ai voulu faire moi-même mon dossier DJA. Cela m’a pris un temps fou. On peut déléguer, mais cela représente un coût supplémentaire. »
Au-delà du temps consacré, l’agriculteur évoque la pression mentale générée par ces obligations. « Le plus important, c’est d’être à jour partout, tout le temps. Avoir du retard devient vite une source de stress. »
Gagner du temps sur les factures
Pour réduire cette charge, Maxime Roussel utilise désormais Kolecto, une plateforme de gestion proposée par le Crédit Agricole.
Les factures arrivent directement dans l’outil, connecté aux comptes bancaires de l’exploitation. Les opérations de pointage et de paiement sont automatisées. « Avant, il fallait récupérer les tickets, vérifier les relevés, classer les factures papier. Aujourd’hui, j’appuie sur un bouton et tout est centralisé », explique-t-il.
J’économise environ une journée de travail par mois grâce à cette solution, un temps que je préfère consacrer à mon cœur de métier.
Selon Jean-Charles Lopin, directeur de clientèle professionnelle au Crédit Agricole, les utilisateurs de Kolecto gagnent en moyenne jusqu’à cinq heures par semaine sur les tâches administratives. L’outil permet également un meilleur suivi des flux financiers et contribue à réduire les retards de paiement.
« L’objectif est de rendre les chefs d’entreprise plus autonomes sur les tâches de gestion afin qu’ils puissent consacrer davantage de temps au pilotage de leur activité », souligne-t-il.
Vers davantage d’interconnexion

Maxime Roussel estime toutefois que la véritable simplification passera par une meilleure communication entre les organismes.
Il imagine un système où les données de comptabilité, de PAC, de MSA ou encore des centres de gestion seraient automatiquement partagées pour éviter les doubles saisies. « Quand on déclare une surface, pourquoi faut-il parfois transmettre la même information à plusieurs organismes ? »
Cette perspective pourrait progressivement se concrétiser avec la généralisation des outils numériques et de la facturation électronique. Pour Jean-Charles Lopin, ces plateformes ont vocation à agréger toujours davantage d’informations et de services.
En attendant, à la ferme de Kerautret, Maxime Roussel poursuit son objectif : gagner en autonomie alimentaire sans augmenter le cheptel. Dans un secteur soumis à une forte pression foncière et à des exigences administratives croissantes, chaque heure récupérée sur le travail de bureau est une heure rendue à l’exploitation.
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