Face à la hausse continue des prix alimentaires, de plus en plus de foyers se tournent vers le batch cooking pour tenter de maîtriser leur budget. Cette organisation des repas, basée sur la préparation en une seule fois de plusieurs plats pour la semaine, promet des économies substantielles. Mais que permet-elle réellement d’économiser ?

Valentin Dreyer - Aujourd'hui à 06:30 - Temps de lecture :

« En achetant uniquement ce dont j’avais besoin, je suis passée d’environ 150 euros de courses par semaine à 120 euros pour toute la famille », raconte Laurie, adepte du batch cooking. Photo Laurie Woehrlé « En achetant uniquement ce dont j’avais besoin, je suis passée d’environ 150 euros de courses par semaine à 120 euros pour toute la famille », raconte Laurie, adepte du batch cooking. Photo Laurie Woehrlé

Préparer ses repas à l’avance, en une ou deux sessions hebdomadaires n'est pas toujours évident. Il faut aussi accepter d'y consacrer une bonne partie de son dimanche et d'avoir une organisation millimétrée. Mais qu'a-t-on à y gagner ?

Laurie, mère de trois enfants, s’est mise au batch cooking il y a plusieurs années, au moment où l’une de ses filles est partie faire ses études à une cinquantaine de kilomètres du domicile familial. « Je voulais qu’elle n’ait pas à cuisiner le soir pour qu’elle puisse se concentrer sur ses études », explique-t-elle.

Chaque dimanche, Laurie préparait plusieurs plats que sa fille venait récupérer pour la semaine. Rapidement, elle applique la même organisation au reste de la famille.

Au-delà du confort de rentrer la semaine sans avoir à penser à ce qu'on se fait à manger, Laurie constate un impact direct sur son budget courses. « En prévoyant mes menus à l’avance et en achetant uniquement ce dont j’avais besoin, je suis passée d’environ 150 euros de courses par semaine à 120 euros pour toute la famille », assure-t-elle. Une différence qu’elle attribue notamment à la fin des achats compulsifs et à l’achat de produits en plus gros formats, plus économiques sur la durée.

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Moins de cuisson, moins d’énergie consommée

Le batch cooking a aussi modifié ses habitudes énergétiques. Profitant des heures creuses le dimanche, Laurie concentre toutes ses cuissons sur une seule matinée. « Je prépare tous mes plats le matin et je les fais réchauffer en même temps au four à midi. J’allume mon four une seule fois pour trois ou quatre plats, alors qu’avant je l’utilisais tous les soirs », détaille-t-elle.

Résultat : une consommation électrique en baisse. « Sur un mois avec batch cooking, je consomme environ 445 kWh, contre 472 kWh quand je ne le pratique pas. » À l’année, cela représente une économie estimée à une soixantaine d’euros.

Moins d’eau utilisée et moins de vaisselle

Même logique côté consommation d’eau. En cuisinant tous les repas en une seule session, Laurie limite le nombre d’ustensiles utilisés et de cycles de lave-vaisselle. « Je fais cuire le riz et la fondue de poireaux dans la même casserole et je lave tout en une seule fois, que ce soient les poêles, les robots de cuisine ou la plaque de cuisson. Avant, je lançais le lave-vaisselle trois ou quatre fois par semaine, maintenant une seule fois le dimanche. »

Selon ses estimations, cette organisation lui permettrait d’économiser une cinquantaine d’euros par an sur l’eau et l’électricité liée à la vaisselle.

Selon Aurélie et Christina, le batch cooking permettrait de réaliser « plus de 20 % d’économies ». Photo Lolalouise

Jusqu’à 20% d’économies, selon des professionnelles du batch cooking

Un constat partagé par Aurélie et Christina, fondatrices de La Bienfaisante, une entreprise spécialisée dans les programmes de batch cooking minceur destinés aux femmes. Leur concept repose sur des menus hebdomadaires détaillés, afin d’éviter les achats superflus et les pertes alimentaires. « On observe une forte augmentation des demandes ces derniers mois », note Aurélie.

Selon elle, le batch cooking permettrait de réaliser « plus de 20% d’économies » par rapport à une organisation où l’on cuisine au jour le jour. Une baisse du budget qui s’explique aussi par un changement des habitudes de consommation.

« Le batch cooking sonne aussi la fin des achats d’aliments transformés, qui coûtent souvent plus cher », souligne-t-elle. En préparant ses repas le dimanche, on épluche des légumes, on cuisine des soupes ou des plats maison, plutôt que d’acheter des plats tout faits, souvent plus onéreux et riches en conservateurs.

Une consommation de viande plus raisonnée

Autre effet indirect du batch cooking : une réduction de la consommation de viande, souvent l’un des postes les plus coûteux sur un ticket de caisse. « Quand on planifie ses menus, on limite naturellement la viande, parce qu’il faut la consommer rapidement. »

Mes plats en début de semaine contiennent souvent du poulet, et en fin de semaine, c’est plutôt des soupes ou des plats de légumes », explique Laurie.

Le gaspillage alimentaire quasiment éliminé

La planification des repas joue aussi un rôle clé dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. En sachant précisément ce qui sera cuisiné et consommé dans la semaine, les oublis au fond du réfrigérateur se font plus rares. « En temps normal, je fais déjà attention, mais il m’est arrivé de jeter des aiguillettes de poulet à 10 euros parce que je les avais oubliées », reconnaît Laurie. Avec le batch cooking, chaque produit acheté est destiné à un plat précis, préparé à l’avance et consommé dans les jours suivants.

Cette organisation limite aussi les achats “au cas où”, souvent synonymes de pertes. « Quand je fais des menus pour la semaine, rien ne part à la poubelle », insiste-t-elle. Une vigilance qui permet de rentabiliser chaque euro dépensé lors des courses.

En tout, les économies réalisées par Laurie se situeraient autour de 1650 euros annuels, en prenant en compte la réduction du prix du ticket de caisse aux courses, de l'électricité et de l'eau. De quoi pouvoir relancer son pouvoir d'achat, à condition d'être très organisé.

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