Des corps étrangers sont insérés dans le tractus génito-urinaire, et notamment dans l’urètre, par certaines personnes pour diverses raisons. Et leur extraction représente parfois un défi. Dans la revue Urology Case Reports, une équipe de médecins rapporte un malheureux cas de mousse isolante injectée dans l’urètre d’une personne, obstruant quasi entièrement le canal et remplissant la vessie.
Un « remède » de fortune aux conséquences explosives
Tout commence par une tentative désespérée de traiter une dysfonction érectile. Le partenaire du patient a inséré une paille dans son urètre, reliée à une bombe de mousse isolante de chantier. Suite à une mauvaise manipulation, la gâchette a été actionnée, projetant le produit chimique sous pression. La mousse a instantanément parcouru toute la longueur du canal urinaire avant de se déployer et de durcir à l’intérieur de la vessie.
Pendant trois semaines, l’homme a tenté de vivre avec cette obstruction, avant que des douleurs insupportables, des difficultés à uriner et la présence de sang (hématurie) ne le poussent finalement aux urgences. Le scanner a alors révélé l’ampleur des dégâts : un bloc solide de polymère obstruant quasiment tout son système excréteur.
Un sauvetage chirurgical en deux étapes
L’extraction de la mousse s’est avérée être un véritable casse-tête pour les urologues. La première phase de l’opération a consisté en une cystotomie (ouverture de la vessie) pour retirer la masse principale. Cependant, la partie logée dans l’urètre refusait de bouger. Le patient, habitué à insérer divers objets par le passé, souffrait déjà de « rétrécissements urétraux » : des zones cicatricielles étroites qui agissaient comme des ancres, emprisonnant la mousse solidifiée dans le canal.
Face à cet échec, une seconde intervention plus invasive a été nécessaire : une urétrostomie périnéale. Les chirurgiens ont dû pratiquer une ouverture directement dans le périnée pour accéder à l’urètre par le bas et déloger les derniers résidus. Bien que l’opération ait été un succès immédiat, le patient devra subir d’autres chirurgies reconstructrices pour réparer un conduit urinaire désormais lourdement traumatisé.
Crédit : Rosa Park, Susan M. MacDonald/La question de la santé mentale en arrière-plan
Au-delà de l’aspect purement chirurgical, les médecins soulignent une réalité souvent occultée dans ce genre de cas. Les personnes s’insérant des objets dans le tractus génito-urinaire présentent fréquemment des troubles mentaux sous-jacents. La récidive est d’ailleurs monnaie courante dans ces dossiers médicaux.
Dans ce cas précis, le patient, un ancien sans-abri, n’a pas fait l’objet d’un suivi psychiatrique immédiat, aucun nouvel incident n’ayant été signalé depuis sa sortie du bloc. Toutefois, les auteurs de l’étude insistent sur l’importance d’une approche multidisciplinaire pour prévenir ces blessures auto-infligées qui, au-delà de la douleur, peuvent laisser des séquelles irréversibles sur les fonctions vitales.


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