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Des milliers d’élèves de la région de London suivent leurs cours dans des classes modulaires cette année. Plus de 500 sont utilisées dans les écoles anglophones et francophones de la région, une situation qui témoigne, selon un chercheur, d’un manque de coordination entre le développement des quartiers et la planification scolaire.
Conçues comme une solution temporaire au manque d’espace, ces classes sont pourtant devenues une présence courante dans les cours d’école de la région.
Il y a un décalage entre la façon dont la Ville planifie son développement et la façon dont les écoles répondent à cette demande.
Une réalité qui varie d’un conseil scolaire à l’autre
Cette dépendance aux classes modulaires se reflète dans les chiffres des conseils scolaires de la région.
Le Thames Valley District School Board utilise 249 classes modulaires cette année, tandis que le London District Catholic School Board en compte 257.
Des classes modulaires sont également utilisées dans les écoles francophones. Le Conseil scolaire Viamonde en recense 12, dans trois écoles de London : six à l’École secondaire Gabriel-Dumont, cinq à l’École élémentaire La Pommeraie et une à l’Académie de la Tamise. Il n'y en a pas à l’École élémentaire Marie-Curie.
Le Conseil scolaire catholique Providence en compte pour sa part 37 à London, réparties entre trois écoles élémentaires et une école secondaire.

Le Thames Valley District School Board a consacré plusieurs millions de dollars de ses propres ressources à l’achat de classes modulaires entre 2019 et 2023, après avoir épuisé le financement provincial disponible pour ces achats, selon un rapport commandé par le ministère de l’Éducation.
Photo : Radio-Canada / Josiane N'tchoreret-Mbaiamany
Depuis 2023, le nombre de classes modulaires utilisées par le conseil catholique anglophone a augmenté d’environ 48 %, parallèlement à la croissance de ses inscriptions. Au Thames Valley District School Board, leur utilisation a plutôt diminué d’environ 20 %, ce que M. Riveros attribue à une croissance plus lente des inscriptions.
Du côté francophone, le Conseil scolaire Viamonde estime que les espaces disponibles suffisent actuellement à ses besoins. Le Conseil indique toutefois surveiller l’évolution de la situation. Ses priorités en matière d’immobilisations sont réévaluées chaque année, notamment pour déterminer si de nouvelles écoles ou des agrandissements sont nécessaires.
Des écoles qui peinent à suivre la croissance
Selon M. Riveros, le recours aux classes modulaires s’explique en partie par la façon dont les projets de construction d’écoles sont financés en Ontario. Le ministère de l’Éducation finance notamment l’achat, la location et le déplacement de classes modulaires. La portion du financement liée à l’utilisation de ces installations est calculée selon une moyenne des trois années précédentes.
M. Riveros qualifie ce modèle de financement de réactif, puisque les besoins doivent déjà être démontrés avant qu’un projet puisse obtenir l’approbation du ministère. Ce décalage peut faire en sorte, selon lui, que la capacité prévue d’une nouvelle école ne corresponde déjà plus aux besoins du quartier lorsqu’elle ouvre ses portes.
Le chercheur estime que le problème dépasse toutefois le seul financement provincial. Il souligne la nécessité d’une meilleure coordination entre les municipalités, les promoteurs immobiliers et les conseils scolaires, qui doivent composer avec le développement de nouveaux quartiers et la croissance de la population scolaire.
Il y a la Ville, d’un côté, qui tente de gérer le développement, les promoteurs qui font pression pour développer certains secteurs, puis le conseil scolaire qui doit rattraper tous ces développements, résume-t-il.
Dans ce contexte, les classes modulaires deviennent une façon pour les conseils scolaires d’ajouter rapidement de l’espace lorsque la capacité des écoles ne suffit plus à répondre à la demande.
Une solution temporaire qui a ses limites
Si les classes modulaires permettent d’ajouter rapidement de l’espace, elles comportent aussi leur lot d’inconvénients. Pour M. Riveros, certaines installations, particulièrement les plus anciennes, peuvent connaître des problèmes de température, d’électricité et de qualité de l’air. En hiver, les élèves doivent également sortir de leur classe pour se rendre aux toilettes, situées dans le bâtiment principal.
Il y a, de façon générale, un manque de confort.
L’ajout de classes modulaires ne règle par ailleurs qu’une partie du problème de capacité, explique-t-il. Si elles offrent des espaces supplémentaires pour l’enseignement, les élèves continuent d’utiliser les mêmes bibliothèques, gymnases, corridors et salles de bain à l’intérieur de l’école. Ces espaces communs peuvent donc demeurer surchargés.

Pour l’année scolaire 2026-2027, l’Ontario accorde 1,4 milliard de dollars aux conseils scolaires pour la rénovation et l’amélioration des écoles, notamment pour moderniser les salles de classe et améliorer les systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard
Mike Thomas, président de la section Thames Valley de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario, affirme que les enseignants soulèvent régulièrement des préoccupations concernant les conditions dans les classes modulaires.
Chaque année, certains signalent notamment des problèmes d’accumulation d’eau, un épandage insuffisant de sable ou de sel autour des installations en hiver et des préoccupations persistantes concernant la qualité de l’air, particulièrement pendant les mois plus humides.
La plupart des classes modulaires sont équipées de systèmes d’échange d’air, mais des questions demeurent quant à la filtration et à la capacité de ces systèmes.
Même si ces problèmes peuvent être réglés rapidement, ils ont tendance à se répéter, souligne M. Thomas.
Ces préoccupations persistent alors que les conseils scolaires continuent de recourir à ces installations conçues, à l’origine, comme une solution temporaire au manque d’espace.
Avec les informations de Kate Dubinski de CBC


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