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Pour sa 26e édition, la Techno Parade revient dans les rues de Paris aux rythmes des revendications

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Un mois après la promulgation de la loi Riposte, la manifestation musicale s’élancera dans la capitale, de Bastille à Nation, samedi après-midi.

« Riposte à la loi Ripost ! »après deux ans d'absence, la Techno Parade veut célébrer samedi dans les rues de Paris les musiques électroniques et mobiliser contre la répression accrue des free parties. La Techno Parade revient faire du bruit pour sa 26e édition, en mettant à l'honneur la ville de Detroit (États-Unis), berceau de la techno dans les années 1980. Cet héritage culturel sera célébré par un char dédié, parmi une dizaine au total, avec aux platines notamment DJ Minx et Kevin Saunderson, deux figures de la scène techno house de la « Motor City ».

Radio, collectifs, club et parade à vélo sont prévus pour entraîner la foule pendant ce défilé, qui réunit habituellement quelque 300 000 participants. L'évènement doit s'élancer samedi à la mi-journée de la place de la Bastille pour rejoindre celle de la Nation vers 18 heures. Une édition d'autant plus attendue que la précédente avait été annulée pour difficultés financières, après celle de 2024 qui n'avait pas eu lieu en raison des Jeux de Paris. Mais au-delà de la célébration d'un mouvement musical et culturel, impulsée en 1998 par Jack Lang sur le modèle de la Love Parade de Berlin, la Techno Parade version 2026 s'annonce encore plus revendicative qu'auparavant.

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L'ombre au tableau pour les « teufeurs » : la loi Ripost promulguée au cœur de l'été, qui fait de l'organisation d'une free party, par essence une fête sans déclaration, autogérée, un délit pouvant aller jusqu'à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. La simple participation à ces « teufs » peut entraîner jusqu'à six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende.

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« Une loi déconnectée de la réalité »

La dernière free party en date, près de Caen samedi dernier, a rassemblé environ 300 personnes, qui ont esquivé les contrôles routiers mis en place pour les intercepter. Mais rapidement, la fête a laissé place à des affrontements avec les forces de l'ordre venues évacuer le site. « L'État ne saurait rester spectateur de tels rassemblements comportant de nombreux risques, d'autant que lorsqu'ils sont organisés sans encadrement et sans secours », a déclaré la préfecture du Calvados dans un communiqué.

Pendant l'évacuation des lieux, les forces de l'ordre ont fait usage de «tirs de grenades lacrymogènes et de LBD faisant plusieurs blessés», a de son côté dénoncé le collectif Tekno Anti Répression. « Avec la loi Ripost, dont nous demandons l'abrogation, nous sommes vraiment confrontés à une loi déconnectée de la réalité », estime auprès de l'AFP Tommy Vaudecrane, président de Technopol, association de défense des musiques électroniques et organisatrice de la Techno Parade. « On sanctionne de façon trop dure des gens qui veulent simplement faire la fête selon un modèle différent », ajoute-t-il.

Technopol demande l'ouverture de négociations interministérielles « pour substituer la concertation à la prison » et rappelle par ailleurs que les musiques électroniques françaises ont été inscrites à l'inventaire du Patrimoine culturel immatériel fin 2025. De son côté, l'association Freeform, qui soutient la « culture free », regrette l'absence « d'échanges avec les collectifs et les associations d'organisateurs pour trouver des solutions, alors que la loi Ripost se contente de mettre de l'huile sur le feu et créer des incidents comme dans le Calvados ». 

La rédaction de la loi est « suffisamment large pour risquer de toucher beaucoup d'autres types d'événements en dehors des free parties », avertit aussi Samuel Raymond, directeur de Freeform. Le mot d'ordre contre Ripost infuse dans les différents courants des musiques électroniques. Sensible à ce soutien, le mouvement free parties reste toutefois, comme à son habitude, en retrait de la Techno Parade, jugée grand public. Les adeptes de la tekno, version libertaire, anti-commerciale et au tempo musical plus rapide que la techno classique, réfléchissent à organiser, fin octobre, leur propre manifestation.

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