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ENTRETIEN - Dans son dernier livre Walpurgis. Les révolutions de droite au XIXe-XXe siècle, l’historien Hamit Bozarslan montre que la notion de révolution est loin d’être l’apanage de la gauche. Aujourd’hui aux États-Unis, des figures comme Curtis Yarvin ou Peter Thiel prolongent cette tradition sous une forme futuriste, explique-t-il.
Passer la publicitéDocteur en histoire et en sciences politiques, Hamit Bozarslan est directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Il vient de publier Walpurgis. Les révolutions de droite, XIXe-XXe siècle (Passés composés).
LE FIGARO. - Comment expliquer que, dans notre culture politique, « la notion de révolution est inséparable de l’idée du progrès, d’un futur meilleur, d’une émancipation du genre humain » et donc associée à la gauche ?
Hamit BOZARSLAN. - Il y a effectivement toute une tradition de contestation qui s’est poursuivie jusqu’à maintenant, mais qui a connu son dernier élan en 1968. Par la suite, la gauche a marqué une bonne partie des mouvements de démocratisation en Espagne, en Grèce, au Portugal et en Amérique latine. Cela a créé un imaginaire : révolution égale gauche, et la révolution justifie la violence pour parvenir à l’émancipation du genre humain.
Cependant, il y a des trous dans notre mémoire. Au XIXe siècle, Marx et Engels considèrent Bismarck comme…


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