Mille neuf cent cinquante-neuf. C’est la grande Noirceur. Le catholicisme ne s’est jamais aussi bien porté. Léonie, 11 ans, essaie d’oublier le climat familial tendu sous la houlette de sœur Cécile, sa titulaire de 7e année. Mais à l’école aussi, les choses se compliquent. Notamment à cause de l’arrivée d’un jeune père dominicain qui a la beauté du diable.
Inspirée par ses souvenirs d’enfance, multipliant les moments de grâce, Micheline Lanctôt réfléchit à la relation, forcément complexe, que l’on entretient tous avec la notion de désir dans Pour l’amour de Dieu, dont on a l’impression qu’il a été pensé sur mesure pour la délicatesse et la sensibilité de son interprète, Madeleine Péloquin. (Nouvelle fenêtre)
La comédienne est revenue pour nous sur ses plus beaux souvenirs de ce film, qui lui a valu une nomination au Jutra de la meilleure actrice en 2012.

Madeleine PéloquinPhoto : Helen Faradji
Vous souvenez-vous du moment où vous avez su que vous alliez interpréter sœur Cécile?
Madeleine Péloquin: Oui, je m’en souviens. J’avais passé une audition, où j’étais arrivée une heure en retard, j’étais bien énervée, mais j’avais été efficace et ça avait bien fonctionné. Deux prises, merci, bonsoir! Je suis revenue pour un call-back, on était deux, comme ça arrive souvent. Et à cette étape, qui était davantage une rencontre, Micheline [Lanctôt] était là. On s’est alors rendu compte qu’on avait plein de choses en commun.
Entre autres, qu’on était toutes les deux allées au pensionnat, pas le même, mais qui appartenait à la même congrégation. Je crois que c’était le lendemain, elle m’a appelée pour me dire que je l’avais, et j’étais vraiment contente.

Pour l'amour de Dieu, de Micheline LanctôtPhoto : Marlène Gélineau Payette
De la première fois où vous avez enfilé la robe?
M.P.: C’est un projet qui m’impressionnait beaucoup, parce que c’était le premier long métrage où j’avais un rôle aussi important, mais aussi parce que c’était François Barbeau qui faisait les costumes. Ils sont magnifiques et lui ont fait gagner le Jutra des meilleurs costumes d’ailleurs.
La première fois, c’était donc un essayage, et par morceaux, parce que Micheline et François tenaient vraiment à ce que le costume soit confectionné comme ceux des religieuses de ce temps-là, par couches. On les portait toutes, ces couches, dans chaque scène, même si durant le tournage il y a eu plusieurs journées de canicule!
Mais je me souviens de ce moment passé dans l’atelier de François Barbeau, c’était précieux. Il fallait ajuster chaque pièce, c’était assez long, mais je me sentais surtout bien privilégiée et impressionnée d’être en essayage avec lui. Et comme ma mère cousait beaucoup et que je faisais des essayages pourelle quand j’étais petite, j’étais habituée. François Barbeau, à un moment donné, m’avait dit: « C’est bon, tu sais faire un essayage, t’es une bonne cliente. » À partir de là, j’ai pu relaxer (rires).

Pour l'amour de Dieu, de Micheline LanctôtPhoto : Marlène Gélineau Payette
De la première fois que vous avez vu le film?
M.P.: On avait fait une projection d’équipe à la Cinémathèque, dans une petite salle, si je me souviens bien. Victor [Trelles Turgeon] et moi avions tripé, comme durant tout le tournage, c’était un bon compagnon de travail.
Mais je me souviens plus encore de la première, dans une Église. J’étais allée au pensionnat, enfant, et j’avais beaucoup aimé les religieuses. Plusieurs étaient venues à cette première, et ça m’avait beaucoup touchée.
Je ne garde que de bons souvenirs de cette soirée et de l’équipe avec qui on a fait ce film. Je me souviens d’avoir été très heureuse sur ce tournage-là.

Pour l'amour de Dieu, de Micheline LanctôtPhoto : Marlène Gélineau Payette
En bonus : votre plus beau souvenir de toute cette aventure?
M.P.: Je n’ai pas un moment précis qui me vient en tête.
Mais ce que je retiens aujourd’hui, c’est le sentiment que c’est vraiment le film grâce auquel j’ai appris mon métier. Avant, je travaillais, mais comme une bonne élève, en contrôle, en maîtrise.
Mais ce film qui était vertigineux et me faisait très peur au début – la commande était costaude et c’était sans filet! – m’a fait voir comment Micheline, pour qui j’ai encore énormément d’admiration, travaillait : à la fois comme un truck, vers l’avant, avec beaucoup de confiance et d’assurance, mais en laissant place aussi aux doutes. Elle m’a vraiment appris à travailler avec le doute, sans filet : c’est comme ça que se produisent les plus belles choses.
Pour l’amour de Dieu, sur ICI Télé mercredi 8 juillet à 9 h.
La bande-annonce (source: YouTube):


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