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  • Sébastien Lecornu veut réduire la rémunération des ministres : mais combien gagnent-ils ?

Ce serait une première depuis 2012, quand François Hollande avait diminué leur rémunération de 30 % : en plein débat budgétaire, le Premier ministre Sébastien Lecornu planche sur une baisse des indemnités des membres du gouvernement.

J.C. - Aujourd'hui à 20:10 | mis à jour aujourd'hui à 20:10 - Temps de lecture :

Sébastien Lecornu (à gauche) et son ministre des Comptes publics Savid Amiel. Photo Sipa/Nicolas Messyasz Sébastien Lecornu (à gauche) et son ministre des Comptes publics Savid Amiel. Photo Sipa/Nicolas Messyasz

L’exécutif veut montrer l’exemple, avant de présenter son budget 2027 : le Premier ministre a confirmé ce mercredi travailler sur une baisse des indemnités des ministres. Dans un contexte où le gouvernement compte demander de nouveaux efforts aux Français, la mesure serait toutefois plus symbolique que budgétaire : il s’agit de montrer que chacun peut faire un effort. Une baisse des salaires des conseillers ministériels pourrait également être envisagée. « C’est clairement à l’étude pour les ministres », confirme Matignon. En revanche, si Sébastien Lecornu a déjà évoqué le sujet avec quelques ministres afin de les sonder, le montant de la baisse envisagée n’est, pour l’heure, pas connu.

Mais au fait, combien les ministres gagnent-ils aujourd’hui ? Selon le décret de 2012 en vigueur, le traitement [salaire, NDLR] brut d’un ministre équivaut à « 1,4 fois la moyenne du traitement le plus élevé et du traitement le plus bas perçu par les fonctionnaires occupant des emplois de l’État classés dans la catégorie hors échelle ». Aujourd’hui, Sébastien Lecornu, en tant que Premier ministre, perçoit un salaire brut mensuel de 16 038,13 euros - soit strictement autant que le président de la République. Cette rémunération se décompose en trois parties : un traitement de base de 12 457,10 euros, une indemnité de résidence (3 % du traitement) de 373,71 euros, et une indemnité de fonction (25 % des deux autres) de 3 207,32 euros. En net, cela revient à environ 12 400 euros, avant impôts.

Environ 8 250 euros net pour un ministre

Chacun de ses 37 ministres et ministres délégués perçoit un salaire brut de 10 692,02 euros (8 304,47 euros de traitement de base, 249,13 euros d’indemnité de résidence, et 2 138,42 euros d’indemnité de fonction). En net, cela fait environ 8 250 euros par mois, avant impôts.

Le gouvernement de Sébastien Lecornu ne compte aucun secrétaire d’État. S’il y en avait, ceux-ci percevraient un peu moins qu’un ministre : 10 157,42 euros brut  (7 889,24 euros de traitement de base, 236,68 euros d’indemnité de résidence, et 2 031,48 euros d’indemnité de fonction), soit 7 830 euros net environ.

À noter que, contrairement à une idée reçue tenace, les ministres ne bénéficient d’aucun régime de retraite spécifique, ou à vie, comme le rappelle leur caisse de retraite Prefon. Ils perçoivent « seulement » une indemnité de départ pendant trois mois à la fin de leurs fonctions, sorte d’indemnité chômage… à la condition qu’ils soient sans fonction rémunérée, et à jour dans leurs déclarations de patrimoine et de revenus. Seul le président de la République perçoit, à l’issue de son mandat, une dotation mensuelle d’environ 6 220 euros. À son arrivée à Matignon, il y a un peu plus d’un an, Sébastien Lecornu avait déjà fortement limité les avantages accordés aux anciens Premiers ministres.

La dernière baisse remonte à 2012

Mais la dernière baisse de « salaire » des ministres remonte à 2012, à l’arrivée à l’Élysée de François Hollande : il avait réduit de 30 % sa propre rémunération et celle des membres du gouvernement. Ceux-ci étaient alors passés de plus de 14 200 euros brut par mois à 9 940 euros environ, et le Premier ministre comme le président percevaient alors 21 300 euros brut, contre environ 15 000 ensuite. Ces montants, adossés au point d’indice des fonctionnaires, n’ont donc augmenté « que » d’environ 7,5 % depuis, en près de 15 ans.

Même en année pleine, la mesure relèverait surtout du symbole : une diminution de 30 % ne permettrait pas une économie de plus de 1,5 million d’euros - soit 0,001 % du déficit budgétaire, ou le remboursement des intérêts de la dette pendant… 10 minutes. Même si l’exécutif devenait bénévole à 100 %, l’économie ne dépasserait pas cinq millions d’euros - soit le budget annuel d’une commune de 4 000 habitants. « Si un arbitrage est pris, on s’y conformera », a indiqué Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, sur RMC. « Si l’effort collectif passe par la participation des ministres, j’y participerai volontiers », a affirmé de son côté le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, sur TF1. L’ex-Premier ministre Gabriel Attal, aujourd’hui député, s’est dit favorable à ces baisses, mais propose aussi « de réduire le nombre de parlementaires », a-t-il dit sur franceinfo.

Pour les parlementaires, l’idée émerge de réduire les indemnités des députés et sénateurs (7 637,39 euros, soit environ 5 800 euros net avant impôts). En revanche, cela ne relève pas du pouvoir exécutif, mais du Parlement lui-même.

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