Le maire de Cannes a annoncé ce mardi soir sur France 2 sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. Dans la journée, il avait remis à Bruno Retailleau sa lettre de démission du parti Les Républicains.

La rédaction avec AFP - Hier à 21:07 | mis à jour hier à 21:14 - Temps de lecture :

David Lisnard a quitté le parti Les Républicains pour se lancer dans l'élection présidentielle. Photo Sipa David Lisnard a quitté le parti Les Républicains pour se lancer dans l'élection présidentielle. Photo Sipa

Quelques jours après avoir annoncé son départ des Républicains, David Lisnard, maire de Cannes, a quitté formellement le parti mardi après-midi, lors d'une entrevue avec Bruno Retailleau. Sur le plateau du journal de 20 heures de France 2, le président de l'Association des maires de France a déploré les « ambiguités » de son parti avec « la macronie » et annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de l'an prochain. 

« La proposition indépendante doit être claire. On est à un moment important de notre histoire, il faut un sursaut démocratique. Il faut un projet puissant pour que la France soit respectée et indépendante. Il faut porter ce projet, et avec la Cinquième république, ça ne peut passer que par l'élection présidentielle. Donc je suis candidat. Je propose une grande primaire ouverte depuis deux ans », a-t-il déclaré. « Je porte un projet libéral, sécuritaire, éducatif et scientifique. On peut donner de l'espérance à notre jeunesse. J'espère avoir une force d'attraction pour que des gens du centre ou de la gauche républicaine me rejoigne aussi. »

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Une menace de départ récurrente depuis deux ans

Mardi après-midi, c'est au Sénat que David Lisnard et Bruno Retailleau se sont rencontrés. Dans sa lettre de démission « assez virulente », le premier cité s'en est pris essentiellement à la présence de ministres du parti Les Républicains au sein du gouvernement de Sébastien Lecornu, a indiqué à l'AFP une source du parti. « La rencontre entre les deux hommes s'est toutefois bien passée », a ajouté cette source, soulignant que David Lisnard a été moins agressif sur le mode de désignation du candidat à la présidentielle, entériné il y a une semaine par le bureau politique de LR qui a écarté sa proposition d'une primaire ouverte du centre et de la droite.

Il y a une semaine, le maire de Cannes avait pourtant claqué la porte de cette instance qui a décidé de consulter le 11 avril les adhérents sur trois options : désigner directement Bruno Retailleau comme candidat ; passer par une primaire réservée aux adhérents ; ou une primaire plus ouverte et élargie aux sympathisants. « Je ne suis pas d'accord avec ce qui est proposé », s'était agacé devant la presse le maire de Cannes, déplorant que LR, parti dont il est pourtant l'un des vice-présidents, se perçoive toujours comme « en première division » et capable d'« imposer un candidat qui sera présent au second tour ».

Au cours des dernières années, la menace de David Lisnard de quitter Les Républicains est devenue récurrente.
L'édile l'a brandie à l'automne lorsque les députés de son parti ont refusé de censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu. Au soir des élections européennes, il y a près de deux ans, il avait déjà décrété que LR était « mort ».

Une « échappée » ?

Au lendemain du bureau politique, le maire de Cannes avait assuré sur BFMTV qu'il quitterait prochainement le parti et dénoncé « un vote biaisé, un vote truqué » sur la désignation du candidat à la présidentielle. « Une réaction épidermique ! », déplore un cadre des Républicains qui se dit convaincu que les deux hommes « s'aiment bien ». Il en veut pour preuve le soutien apporté par David Lisnard il y a un an à Bruno Retailleau dans la course à la présidence de LR où il était opposé à Laurent Wauquiez, le patron des députés de droite.

David Lisnard, qui défend des positions ultralibérales, avait alors obtenu un accord sur le principe d'une « retraite par capitalisation », ainsi que sur « la libération de l'école, la dérèglementation, la décentralisation et la performance publique ». Pour expliquer cette rupture, l'entourage du patron des Républicains estime que « David Lisnard va tenter une échappée ». « Il se dit que si ça marche, tant mieux, sinon il sera repris par le peloton », explique un dirigeant du parti qui n'écarte donc pas qu'il mette pied à terre si les sondages ne le propulsent pas vers les sommets d'ici à l'automne.

Cette hypothèse d'une réconciliation a posteriori est également esquissée par le cadre LR : « Il pourrait prendre ses distances de Bruno Retailleau d'une manière respectueuse » pour laisser la porte ouverte à un retour, explique cette source. Au sein des Républicains, on évoque une décision de rompre « prise sous la pression des adhérents de Nouvelle Énergie », le mouvement créé par le maire de Cannes, mais aussi le contexte des Alpes-Maritimes où David Lisnard a reçu le soutien d'Éric Ciotti, l'ex-patron de LR qui s'est allié au RN pour conquérir la mairie de Nice. Ravi que l'édile de Cannes ait choisi de quitter le « Titanic LR », le député des Alpes-Maritimes l'a d'ailleurs invité à le rejoindre pour sortir de son « isolement ».

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