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Une stratégie de normalisation qui intervient après un dîner discret, début avril, entre Marine Le Pen et plusieurs grands patrons du CAC 40.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 14:56 | mis à jour aujourd'hui à 15:11 - Temps de lecture :
A la veille d’un déjeuner entre Jordan Bardella et les dirigeants du Medef, Sébastien Chenu défend le programme économique du Rassemblement national (RN). Rencontrer les grands patrons « ne signifie pas s'aligner sur eux », a assuré ce dimanche le vice-président du parti au Grand Jury RTL-Le Figaro-Public Sénat-M6.
Initialement prévu le 2 mars puis reporté après les élections municipales - et en raison de la guerre en Iran - ce repas du président du RN avec les membres du bureau exécutif du Medef a été fixé à lundi.
Marine le CAC 40
Jordan Bardella aura ainsi l'occasion d'échanger avec le président du Medef, Patrick Martin, ainsi qu'avec les chefs de ses plus puissantes fédérations: banque, assurances, bâtiment, travaux publics, commerce, métallurgie entre autres. Pour l'organisation patronale, ce rendez-vous s'inscrit dans une série d'entretiens avec les leaders des principaux partis politiques.
Ce déjeuner n'est pas le premier contact entre Jordan Bardella et le patronat. « Il est naturel, évident que nous dialoguions avec les milieux économiques », a fait valoir sur France 2 mercredi soir le patron du RN. De son côté, Patrick Martin, interrogé sur les relations entre le Medef et le parti d’extrême droite a tenu à « crever la baudruche », en affirmant que le patronat n'a pas « massivement pris parti » pour le RN.
Jordan Bardella avait déjà fait partie des six chefs de partis invités à s'exprimer dans un débat lors de la Rencontre annuelle des entrepreneurs de France (REF) organisée fin août par le Medef. Il avait alors côtoyé Manuel Bompard, Fabien Roussel, Marine Tondelier, Gabriel Attal et Bruno Retailleau.
Début avril, un autre rendez-vous, qui se voulait discret, mais révélé par Le Nouvels Obs, a fait polémique. Le 7 avril au soir, Marine Le Pen et plusieurs grands patrons du CAC 40 parmi lesquels Bernard Arnault (LVMH), Patrick Pouyanné (TotalEnergies), les dirigeants d'Accor, Engie, Renault et Capgemini, ou encore Cyrille Bolloré ont dîné ensemble au célèbre restaurant parisien Drouant. Une première pour Bernard Arnault, qui a toujours revendiqué ne pas rencontrer le RN.
« Une normalisation des relations »
Dimanche, Sébastien Chenu a affirmé l'importance de rencontrer les grands patrons. « C'est une normalisation des relations qu'on doit avoir avec les grands patrons [...] mais un échange ce n'est pas un alignement idéologique », a défendu Sébastien Chenu. « J'ai des désaccords très forts avec le Medef [...] On ne promet pas une société sans impôts alors qu'on a parfois le sentiment d'entendre d'un certain nombre de grands patrons dire qu'il faudrait qu'il n'y ait plus aucun impôt. On ne promet pas une société sans secteur public », a-t-il énuméré.
« C'est pour échanger avec eux, si on fait des erreurs, ça peut être intéressant de les corriger, mais par contre c'est pas pour leur faire plaisir », a renchéri le député RN Jean-Philippe Tanguy, invité « d'En toute franchise » sur LCI. « On avait dit "vous verrez, quand Jordan Bardella et Marine Le Pen seront confrontés au Medef, ils changeront d'avis sur les retraites" eh bien non », a-t-il assuré.
Jean-Philippe Tanguy a par ailleurs indiqué que son parti allait lancer une consultation auprès des patrons, petits et grands, « pour qu'on ait des remontées de terrain sur les règles qui sont des normes nocives ». « Aujourd'hui, on est suradministrés: le code des marchés publics, le code de l'immobilier, le code de l'environnement, le code du travail sont devenus complètement inflationnistes [...] Par exemple, en France, il faut 18 à 36 mois pour ouvrir une usine. En Belgique, il faut un an », a-t-il affirmé.


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