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Les sites Polymarket et Kalshi, qui proposent des paris sur la guerre au Moyen-Orient, font polémique : le premier pour faire de l'argent sur la peur du nucléaire, le second pour ne pas vouloir payer les parieurs après la mort d'Ali Khamenei.
La rédaction - Aujourd'hui à 17:15 | mis à jour aujourd'hui à 17:48 - Temps de lecture :
Ils sont surnommés les "courtiers de l'apocalypse". Les (nombreux) paris sur la guerre au Moyen-Orient font beaucoup d'argent sur les sites Polymarket et Kalshi, interdits en France. Deux contrats font particulièrement polémique ces derniers jours... mais pas pour leur manque d'humanité.
Polymarket, principale plateforme de paris sous forme de cryptomonnaie, et Kalshi ont pour habitude de proposer des paris sur des événements extra-sportifs. Les participants misent de l'argent, ce n'est donc pas un simple "sondage". Avant même le début de la guerre au Moyen-Orient, les paris liés à la situation géopolitique se sont envolés, toujours plus glauques : « Israël frappera le Liban le 1er ou le 2 mars ? » ; « Les États-Unis vont-ils envahir l'Iran avant le 31 mars ? », « Combien de pays Israël va attaquer en mars ? » ; « Les États-Unis vont-ils frapper l'Irak d'ici à février 2028 ? »...
L'arme nucléaire : le pari qui choque
Ces paris sont toujours en ligne, mais l'un d'eux, sur Polymarket, a choqué les Américains, à tel point que le site l'a retiré : « Quand sera déclenchée l'arme nucléaire ? Le 31 mars ? Le 30 juin ? Avant 2027 ? » Avant sa suppression, ce pari avait généré un volume d’échanges d’au moins 650 000 dollars (561 000 euros), explique The Block. Polymarket avait même publié sur X une partie des prédictions : « 22 % de chances que l'arme nucléaire explose cette année. »
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Sur Polymarket, certains parieurs sont également soupçonnés de délit d'initié : des comptes ont été créés peu avant le déclenchement de l'opération militaire et ont misé gros sur certains paris ciblés.
Kalshi refuse de rémunérer des gagnants
Kalshi n'est pas, de son côté, condamnée par le public pour un pari du même acabit, mais parce que la plateforme refuse de payer les sommes gagnées par des personnes ayant misé sur la date de la destitution du guide suprême iranien Ali Khamenei. Un pari à... 54 milions de dollars. Sur le site, la question posée était : « Quand Ali Khamenei ne sera-t-il plus guide suprême ? Avant le 1er février 2026 ? Avant le 1er mars ? Avant le 1er avril ? Avant le 1er juillet ? Avant le 1er septembre ? » Si le pari était en ligne avant le début de l'opération israélo-américaine en Iran, Kalshi n'a pas hésité à le mettre en avant une fois la guerre déclenchée. Or, une fois la mort d'Ali Kamenei confirmée, Kalshi a gelé le pari. Refusant dès lors de rémunérer les parieurs qui ont misé de l'argent sur la bonne date.
Kalshi affirme que la clause était là dès le départ : la loi américaine interdit de spéculer sur des meurtres ciblés. Or, cela n'a été affiché sur le pari en question qu'après le début des opérations militaires. Le PDG de Kalshi, Tarek Mansour, a depuis affirmé que les parieurs ne perdraient pas d'argent, mais ils n'en gagneront pas non plus. Ces deux polémiques s'ajoutent à de nombreux précédents et relancent l'idée d'un encadrement plus strict de ces plateformes de paris en ligne aux États-Unis.


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