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Plus de 20 000 élèves menacés de suspension à cause de leurs dossiers de vaccination

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Des milliers d’élèves font face à une suspension scolaire pour un dossier de vaccination incomplet ou manquant, selon la Ville de Toronto, mais plusieurs parents assurent que leurs enfants sont bel et bien vaccinés, et que leurs dossiers ont déjà été soumis à la Santé publique.

Depuis novembre dernier, la Santé publique de Toronto a recommencé à appliquer la Loi sur l’immunisation des élèves, qui exige que les dossiers de vaccination soient à jour afin que les enfants assistent à leur classe.

Les parents doivent soit enregistrer les dossiers de vaccination de leurs enfants, soit enregistrer leur exemption officielle de vaccination. Les élèves non conformes risquent une suspension temporaire.

Un travailleur de la santé donne une injection èa un bambin assis sur les genoux de son père.

Selon la Ville, l’augmentation du nombre de suspensions s’explique par un retard important accumulé pendant la pandémie, combiné à une recrudescence de maladies évitables, comme la rougeole.(Photo d’archives)

Photo : Getty Images

L’application de cette loi avait été mise en pause par plusieurs bureaux de santé publique pendant la pandémie.

Nous avons évalué les élèves de la 2e à la 5e année dans les écoles publiques de Toronto, car, selon nos registres, leurs taux de vaccination sont faibles, explique la Dre Vinita Dubey, médecin hygiéniste adjointe de Toronto. Un peu plus de 20 000 élèves ont déjà reçu des ordonnances de suspension.

D’ici la fin février, tous les élèves dont le statut vaccinal n’aura pas été mis à jour selon les données de la Santé publique de Toronto recevront un avis de suspension, précise-t-elle.

Suspensions injustifiées

Or, pour certains parents, ces suspensions sont injustifiées.

Mes enfants sont vaccinés, dit Bronwen Alsop, mère de deux enfants. Je suis vraiment frustrée. Même après avoir tout fait, on me dit encore que mon fils n’est pas toujours complètement vacciné, alors qu’il l’est parfaitement.

Après plusieurs semaines d’échanges avec l’école et la Santé publique de Toronto, la situation demeure irrésolue, et ses enfants risquent toujours d’être suspendus.

Chaque fois qu’on appelle, on parle à une personne différente. On obtient des réponses différentes. On nous dit que tout va bien, mais ensuite, je reçois une lettre qui dit le contraire, déplore-t-elle.

Un autre parent, qui a demandé l’anonymat, dit avoir vécu une expérience semblable. Père de deux enfants, il affirme avoir multiplié les appels et les courriels sans succès.

J’ai appelé une dizaine de fois et envoyé plusieurs courriels, mais je n’ai reçu que des réponses automatiques. On me disait que les délais étaient plus longs que d’habitude, mais j’avais besoin de parler à un humain pour régler la situation, raconte-t-il.

Bien que son fils cadet ait reçu les quatre doses du vaccin contre la polio, la dernière n’avait pas été inscrite dans son carnet de vaccination il y a plusieurs années. Résultat : un avis de suspension pour l’enfant de sept ans. Après vérification auprès du cabinet médical, le père a pu faire corriger les dossiers dans le système.

Ce qui me frustre, c’est que c’est aux parents, qui ne sont pas des experts, qu’il incombe de tout suivre. Toutes ces traces écrites et ces papiers ne sont pas fiables, dit-il.

Des milliers de suspensions

Du côté de la Ville, l’augmentation du nombre de suspensions s’explique par un retard important accumulé pendant la pandémie, combiné à une recrudescence de maladies évitables, comme la rougeole.

Alors que nous essayons de sortir de la pandémie, nous devons rattraper le retard dans la mise à jour des carnets de vaccination des enfants, dit la Dre Dubey.

Elle précise que la vaccination n’est pas obligatoire, mais que les parents doivent soit déclarer les vaccins reçus, soit entreprendre les démarches pour obtenir une exemption.

Un jeune garçon d'environ 7 ans se fait vacciner par une infirmière.

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Les enfants de six mois à quatre ans peuvent se faire vacciner dès ce matin contre la COVID-19 dans les différentes cliniques du Québec.

Photo : iStock / FatCamera

Je sais que cela est très inquiétant pour les parents, reconnaît-elle. Elle dit que, parfois, il y a un manque de communication entre les parents et les médecins et que les parents doivent s’assurer que tous les vaccins sont mis à jour et que tous les records sont en ordre.

Les suspensions, prévues à partir du 6 mars, seront échelonnées afin de laisser le temps aux équipes d’analyser les documents soumis.

S’il y a des problèmes, n’hésitez pas à nous contacter, ajoute-t-elle. Nous mettons en priorité ceux qui ont une suspension plus tôt.

Notre objectif est de ne suspendre aucun enfant, insiste la Dre Dubey. S’il y a des problèmes, nous encourageons les parents à se rendre dans nos cliniques, à nous appeler, à nous écrire ou à contacter leur école. Nous priorisons les dossiers dont la suspension est imminente.

Un registre électronique réclamé

Cette situation relance le débat sur la création d’un registre électronique provincial de vaccination, une mesure réclamée depuis des années par plusieurs experts afin de centraliser les données et réduire les erreurs administratives.

Le corps d'une personne atteinte de la rougeole.

1:53

Selon Santé publique Ottawa, la rougeole se propage dans l'air et peut persister jusqu'à deux heures. Les symptômes comprennent une éruption cutanée rouge, une forte fièvre, un écoulement nasal, une toux, une somnolence et une irritabilité.

Photo : Radio-Canada

C’est une charge administrative pour les parents, affirme le Dre Dubey. Il n’y a aucun doute qu’un registre nous aiderait énormément.

En attendant, des parents demandent une communication claire.

Je suis juste frustré par le manque de responsabilité pour résoudre ces problèmes, conclut Bronwen Alsop. C’est comme si on tournait en rond dans ce cercle vicieux de désorganisation.

Le père de deux enfants partage son avis. Il doit y avoir un moyen plus efficace et plus fiable de procéder, conclut-il.

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