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Plusieurs partis promettent d’augmenter le nombre de médecins formés, alors que la santé occupe une place importante dans la campagne électorale québécoise.
La Coalition avenir Québec propose, par exemple, de former davantage de médecins de famille en région, tandis que le Parti conservateur du Québec propose de 400 à 500 admissions supplémentaires par année en médecine.
Pour Dominique Dorion, professeur, médecin et ex-doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke, ces promesses sont toutefois difficiles à réaliser rapidement.
Non, ça ne l’est pas, répond-il d’emblée lorsqu’on lui demande si ces promesse sont réalistes pour les universités québécoises.
Les facultés de médecine on déjà fait d'immenses efforts depuis six, sept ou huit ans pour augmenter d’environ 40 % le nombre d’admissions en médecine, rappelle M. Dorion.
Il estime qu’il serait peut-être encore possible d’augmenter légèrement le nombre d’étudiants, mais pas de façon spectaculaire : 25 % de plus d’étudiants en médecine, ça ne fonctionne pas, affirme-t-il.
Des hôpitaux et des milieux de stage déjà saturés
Selon lui, le principal problème se situe dans la formation clinique. Les universités peuvent augmenter leur capacité d’accueil en classe, mais elles disposent de moins de marge de manœuvre dans les hôpitaux et les cliniques.
Le problème, c’est d’accueillir ces étudiants-là dans les hôpitaux, dans les milieux de stage, dans les bureaux des médecins de famille.
Les facultés ont déjà étendu leur présence dans plusieurs régions du Québec afin de rapprocher les étudiants des milieux où les besoins sont importants. Le modèle est là et il fonctionne, soutient Dominique Dorion, au micro de Par ici l'info.
Il rappelle notamment que les facultés de médecine québécoises sont déjà installées dans tout le Québec et que la formation en région peut contribuer à y retenir les futurs médecins.
Le Québec déjà en tête pour la médecine de famille
Pour l’ex-doyen, le Québec ne souffre pas uniquement d’un manque de médecins de famille. Il faut aussi revoir la façon dont les soins sont organisés.
Ceux qui parlent d’augmenter de façon si importante le nombre de médecins, c’est parce qu’ils n’ont pas vraiment de solution pour améliorer le système de santé.
Dominique Dorion estime par ailleurs que le Québec n’a pas nécessairement un problème de recrutement en médecine familiale à long terme. On est de loin, mais vraiment de très loin, la province canadienne où le plus grand pourcentage des étudiants finissants choisissent la médecine de famille, dit-il.

Selon Dominique Dorion, environ 52 % des diplômés québécois choisissent de se spécialiser en médecine de famille. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
De 50 à 55 % des diplômés québécois choisissent cette voie, comparativement à environ 30 % dans la majorité des autres provinces canadiennes.
Selon lui, les médecins actuellement en formation pourraient donc contribuer à régler une bonne partie du problème d’accès à la médecine familiale dans les prochaines années. Il prévient que le Québec pourrait alors faire face à un autre défi avec la médecine spécialisée.
Dans 10 ans, on le sait, le problème, il ne sera pas en médecine de famille, estime-t-il.


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