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Aux côtés d'Aurélien Lerouxel, de Boris Renaux et d'autres, Brice Eustache poursuit sa belle évolution à Bretteville-sur-Odon, en Prénationale.
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Par Rédaction Sport à Caen Publié le 18 mars 2026 à 17h01
Sport à Caen poursuit Playground, sa rubrique consacrée au basket local. Partez, chaque semaine, à la rencontre d’un joueur, d’un entraîneur ou d’une équipe. Aujourd’hui, entretien et rencontre avec Brice Eustache (23 ans), le jeune ailier fort du LC Bretteville-sur-Odon, qui, après deux défaites consécutives, tente de s’accrocher, en tête du classement, à l’ASPTT Rouen et au BC Pont-de-l’Arche.
« Nous étions pris au sérieux »
Brice, le LC Bretteville-sur-Odon tente de suivre, malgré deux défaites consécutives, le rythme imposé par le BC Pont de l’Arche et l’ASPTT Rouen en tête du championnat. Votre objectif est-il d’accéder, à la fin de la saison, à la Nationale 3 ?
Je crois qu’il est encore trop tôt pour le dire. Avoir des entraînements de qualité doit être notre premier objectif pour que notre niveau de jeu reste constant. Il n’y a surtout pas de quoi s’emballer. La saison est encore longue car il reste encore une dizaine de matchs. Pour le moment, toutes les équipes répondent au niveau.
Toutes sont plus préparées et, physiquement, plus solides. L’ASPTT Rouen qui vient de quitter la Nationale 3, le BC Pont de l’Arche, le Rouen Métropole Basket et le STB Le Havre qui est la réserve d’une équipe de Nationale 1. Avec la première partie de saison, la différence se fait sur la qualité des effectifs qui sont plus fournis, armés à tous les postes et construits autour de bons joueurs.
Compte tenu de la qualité de votre effectif et de l’expérience de celui-ci, pensiez-vous que c’est avec le costume de favori que vous avez entamé cette saison ?
Contre l’ASPTT Rouen (V63-76), nous avions à cœur de nous racheter après nos dernières performances contre cette même équipe. Si bien que nous avons produit un match complet. De même que contre le BC Pont de l’Arche à domicile (V84-75). Notre défaite face au Rouen Métropole Basket (74-65) nous a, en revanche, coûté très cher. Celle contre le Caen Nord Basket, si elle peut s’expliquer par le fait que nous manquions de rythme, a été un électrochoc.
Nous avons terminé à la première place de notre poule de première partie de saison malgré la difficulté de celle-ci. Deux matchs difficiles contre le Hérouville Basket, une défaite contre l’AJS Ouistreham notamment. Certes, sans victoire d’avance mais pour la troisième année consécutive. Je ne crois pas que nous étions perçus comme d’éventuels favoris mais nous étions pris au sérieux. Notre régularité plaide pour nous.
Qu’est-ce qui fait, selon vous, la force de votre équipe ?
Le mélange entre l’expérience des joueurs les plus âgés et la fougue des joueurs les plus jeunes. Un bon cocktail que Maxime [Pêtré, l’entraîneur, ndlr] sait maîtriser. Si bien que la menace peut venir de partout. L’effectif est stable depuis plusieurs saisons. Nous connaissons maintenant bien la poule accession et nous avons appris de nos erreurs.
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Notamment de notre défaite, il y a trois ans, contre le SPN Basket Vernon qui reste, encore aujourd’hui, très frustrante. Elle nous a appris à nous canaliser et à rester maîtres de nos émotions. Nous étions la surprise du championnat et personne ne nous attendait à ce niveau. Nous sommes dorénavant davantage dans la lecture et dans la maîtrise. Notre basket est plus solide.
Et vous faites aussi votre retour après six mois d’absence liée à votre grave blessure (fracture du péroné – luxation de la cheville) contre l’AJS Ouistreham en fin de saison dernière…
Je suis sorti du terrain à cloche-pied. Dans le vestiaire, Clément [Quignette, ndlr] m’a demandé de marcher et je pouvais à peine m’appuyer sur ma cheville. Quand je suis arrivé à l’hôpital et quand j’ai enlevé ma chaussure, j’ai vu qu’elle était complètement déformée. Je dois remercier toute l’équipe médicale qui s’est occupée de moi.
Comment avez-vous vécu ces longs mois d’inactivité ?
Bien que les blessures fassent partie du sport, ne pas pouvoir participer à notre bonne dynamique du début de saison me frustrait terriblement. J’avais envie de jouer avec mes coéquipiers que je voyais se déplacer parfois seulement à sept. Je me suis focalisé sur mon travail pour ne pas trop gamberger.
Je n’ai pas encore le sentiment d’être revenu à mon meilleur niveau. Quand le plâtre m’a été enlevé, je sentais ma cheville raide et ma jambe atrophiée. J’ai compris que le travail serait long mais être sérieux et assidu m’a permis de bien revenir. Maxime [Pêtré, l’entraîneur, ndlr] m’a fait confiance.
Le temps de jeu qu’il m’a donné m’a permis de me remettre en selle. Je fais attention à tout. Surtout la veille des matchs. J’ai appris à prendre soin de mon corps et à lui faire confiance.
« Je suis un joueur opportuniste »
Comment décririez-vous votre style de jeu à quelqu’un qui ne vous a jamais vu jouer ?
Je ne crois pas avoir un talent énorme. Je ne suis pas un joueur flashy. Plutôt efficace. J’aime aller au charbon : prendre du rebond, couper ou shooter comme il le faut. Je suis un opportuniste. Un renard des surfaces comme diraient les amateurs de foot. J’essaye toujours de jouer dans le sens du jeu. Quand j’avais quinze ou seize ans, je m’identifiais à Zion Williamson parce que son jeu était très spectaculaire mais je n’ai jamais vraiment eu d’idole. C’est surtout la mentalité de certains joueurs qui me plaît.
Ceci étant dit, on voit, de plus en plus régulièrement, votre nom parmi les meilleurs scoreurs du championnat …
Le scoring est justement réparti entre tous les joueurs de l’équipe. Si je dois marquer, c’est parce que le jeu me le demande et m’amène cette opportunité. Si nous gagnons sans que j’ai marqué beaucoup de points, je serais tout aussi heureux. Je suis un joueur opportuniste.
Le déclic est venu durant ma première année passée aux côtés de Boris [Renaux, ndlr] et d’Aurélien [Lerouxel, ndlr]. Par leur expérience d’anciens professionnels, conjuguée à celle de Guillaume [Launoy, ndlr] ou de Clément [Quignette, ndlr], ils m’ont aidé à comprendre le basket et le jeu. Si je me laissais guider, je ne pouvais que réussir. Ici, c’est vraiment l’éco-système idéal pour grandir.
La première année, Boris [Renaux, ndlr] m’a, par exemple, appris comment préparer mes mains de telle façon à ce que je sois toujours prêt à recevoir le ballon. Je suis encore un joueur qui apprend.
Le reste du temps, vous vivez en Bretagne. Comment gérez-vous cette situation si particulière ?
Comme je ne peux pas m’appuyer sur mon talent, être un bon joueur me demande beaucoup d’investissement et de travail. Toute la semaine, je travaille effectivement à Rennes et, le jeudi soir, je fais l’aller-retour jusqu’ici pour m’entraîner avec mes coéquipiers.
Je peux compter sur la confiance de Maxime [Pêtré, l’entraîneur, ndlr] qui sait que je travaille aussi physiquement. J’aurais pu rechercher un club plus près de chez moi mais je voulais continuer le cycle entamé avec cette équipe. Je suis heureux d’être là. J’ai envie de rendre au club ce qu’il m’a donné.
Cela peut être lourd mais je vais jusqu’au bout de l’engagement que j’ai pris. Je le fais pour l’équipe et je crois que les victoires prouvent que cet investissement porte ses fruits.
« Des perspectives de progression intéressante »
La transition est parfaite pour vous demander depuis combien de temps vous évoluez au LC Bretteville-sur-Odon …
Depuis sept ans. J’ai commencé le basket, dès l’âge de cinq ans, au Pré-Bocage Basket. Paul [Debray, ASPTT Caen, ndlr] m’y a d’ailleurs entraîné. Après un stage-vacances, Franck [Gautier, ndlr] a proposé à mon meilleur ami, Jules [Dossy, ndlr], et à moi de rejoindre le Caen BC où je suis resté jusqu’à mes 17 ans.
Ce sont de superbes années faites de grands souvenirs. Même si je n’ai jamais fait partie des meilleures équipes, pouvoir m’entraîner avec les meilleurs joueurs de notre génération m’a donné une méthodologie de travail, de sérieux et d’écoute. Je ne faisais plus partie des plans du club mais, comme mes études supérieures venaient de débuter, j’avais besoin de trouver un club dans l’agglomération caennaise.
Félix [Leclerc, ndlr] m’a alors proposé de le suivre, ici, à Bretteville-sur-Odon. Marine [Collet, ndlr] m’a fait confiance. Je m’y suis immédiatement senti épanoui et, comme le club comptait une équipe U20, il y a avait aussi, pour moi, des perspectives de progression intéressantes.
Est-ce donc ici que vous avez découvert la Prénationale ?
Je devais avoir 16 ou 17 ans. Je jouais, à l’extérieur, avec les U20 du club et mon coach, Guillaume [Launoy, également joueur de l’équipe première ndlr] m’a demandé de renforcer l’effectif de l’équipe première. J’étais stressé sur le chemin du retour. En sénior, le jeu est à des années-lumière de tout ce que j’avais pu connaître dans les catégories jeunes. Plus physique, plus structuré, il peut être difficile à appréhender pour un jeune joueur.
Surtout contre le Hérouville Basket qui n’est jamais une équipe facile à jouer. J’ai aussi été très marqué par Simon [Belliard, ndlr] durant mes premières années à ce niveau parce que, ensemble, nous avons vécu l’ascenseur émotionnel de devoir lutter pour un maintien puis pour une montée.
Comment en êtes-vous venu au basket ?
Mon père est un ancien joueur de volley mais, comme nous habitions à la campagne, il n’y avait pas de club pour moi. J’avais le choix entre le karaté et le basket qui pouvait être sympa à pratiquer et à regarder. Pour la dimension tactique, physique ou technique mais surtout pour le collectif, le fait d’avancer, tous ensemble, vers des objectifs communs.
Quels sont les grands souvenirs que le basket vous a apportés ?
Les grands tournois qui m’ont apporté une autre vision du basket. L’équipe actuelle est très collective et très structurée. Nous avons la chance de gagner beaucoup de matchs et d’évoluer régulièrement en poule accession. Avec les U13 du Caen BC, nous avions aussi terminé invaincus des phases régionales et nous avions gagné notre place en Final Four.
Tous mes coachs m’ont apporté et j’ai eu la chance de pouvoir prendre le meilleur d’approches différentes de notre sport. Franck Nivelle qui m’a lancé au Pré-Bocage Basket, Franck Gautier, Romain Coeuret, Antoine Chevrier et, bien sûr, Maxime Pêtré. Je n’ai jamais eu de mauvais entraîneur.
J’ai aussi été volontaire en Service Civique ici. Une super expérience auprès des U9. Une tranche d’âge qui est toujours à l’écoute et je me suis retrouvé en eux car, quand j’étais enfant, j’ai aussi eu des éducateurs géniaux.
À vous comme au club, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter ?
Pour moi, de rester en bonne santé et, pour le club, de continuer notre dynamique sans brûler des étapes.
De notre correspondant Quentin LEMOINE
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