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Mourir en n’étant pas en paix avec soi-même ni avec ses décisions. Voilà la dure réalité à laquelle Mathieu Laforest fait face dans la cinquième et ultime saison de la populaire série Plan B. Curieusement, il va creuser davantage en lui-même que dans son passé pour trouver comment quitter ce monde de la meilleure manière possible.
L’acteur Pierre-François Legendre, qui tient le rôle principal, interprète avec justesse un père de famille imparfait et narcissique qui cherche sans cesse du réconfort auprès des femmes. La vie de cet éternel infidèle bascule lorsqu’il subit une rupture d’anévrisme. Il est désormais à un battement de cœur de la mort, et les risques qu’il devienne « légume » sont élevés s’il se fait opérer.
Il va alors utiliser les services de l’agence Plan B, une entreprise qui permet de remonter dans le temps, pour tenter d’éviter la rupture d’anévrisme. Mais, au fil de la série, son objectif lors des voyages temporels va changer. Les scénaristes avouent d’ailleurs que les six épisodes présentés aux médias ont été articulés pour « suivre la progression du deuil », soit du choc et du déni jusqu’à l’acceptation et à la reconstruction.
« Nous avons l’impression d’être allés au bout de Plan B », ont raconté lundi Jean-François Asselin et son complice Jacques Drolet. Les auteurs savaient dès la première saison que la mort ferait office d’« ultime question ».
L’aventure Plan B aura duré presque une décennie. La première saison suivait un avocat tentant de sauver son couple. La deuxième racontait les tentatives d’une mère pour empêcher le suicide de sa fille et la troisième, les efforts d’une policière voulant prévenir un féminicide. La quatrième, qui a marqué les esprits, avec Pierre-Luc Funk dans le rôle principal, suivait un jeune délinquant tentant de s’extraire de sa misère. Contrairement à ce dernier, qui était très singulier, Mathieu Laforest apparaît sous des dehors plutôt convenus. Néanmoins, son sens de l’humour le rend charmant.
Pas besoin d’avoir regardé les quatre premières saisons pour apprécier la toute dernière. Les téléspectateurs aguerris remarqueront des références bien placées, notamment avec le retour de Magalie Lépine-Blondeau dans le rôle d’Évelyne Lalonde, centrale dans la saison initiale. Des références à notre époque actuelle, comme les questions d’identité de genre et la montée des discours masculinistes, sont également intégrées avec finesse par l’entremise des deux fils de Mathieu Laforest.
Comment se préparer à sa mort ?
Les six épisodes de 45 minutes de la cinquième saison nous font réfléchir sur notre rapport à la vie, à la mort et au monde. Une pièce de théâtre mise en avant dans certains épisodes raconte l’histoire d’une personne qui fait tout pour retarder la fatalité, et c’est exactement ce que tente de faire Mathieu en utilisant les services de Plan B.
« C’est plus un drame psychologique qu’une fiction », a souligné le coauteur Jacques Drolet, rencontré après le visionnement. Avec l’ultime saison de Plan B, on comprend que les protagonistes reviennent dans le temps non pas pour régler leurs problèmes, mais pour apprendre de leurs erreurs.
Mathieu Laforest, lui, se définit par ses relations. Il enchaîne les partenaires pour combler un vide. Et ce vide se concrétise au fur et à mesure que l’histoire avance… ou plutôt recule. Mathieu cherche constamment une approbation féminine pour se faire dire qu’il a de la valeur. « Il a une vraie sensibilité et une intelligence émotionnelle », tiennent toutefois à souligner les auteurs.
« Le rapport avec la jeunesse » est la pierre angulaire de Plan B, soutient Jean-François Asselin. La série parvient à illustrer la manière dont les événements de notre passé (les traumatismes comme les bons coups) influencent la personne que l’on devient. L’environnement dans lequel on grandit et les modèles que nous avons ont aussi une incidence importante sur notre parcours.
La fin de la série dramatique reste ouverte — et c’est tout à fait voulu, affirment les auteurs, qui souhaitent favoriser l’échange d’hypothèses parmi les téléspectateurs. La dernière saison est un pari réussi. La série s’éteint en beauté, sans surprise. Pas de risque de rupture d’anévrisme.


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