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Certains actifs de l’entreprise Moltex Energy Canada, qui voulait construire son premier petit réacteur nucléaire modulaire au Nouveau-Brunswick, sont à vendre, dans un contexte d’incertitude concernant son avenir.
L’entreprise établie à Saint-Jean veut vendre ses conceptions techniques, ses brevets, ses logiciels, sa propriété intellectuelle, ses données de modélisation, entre autres.
Nuclea Energy, autre entreprise établie en Colombie-Britannique, lui offre 11,5 millions de dollars, ce qui est bien inférieur à l’investissement des contribuables ces dernières années.
Moltex a manqué d’argent l’an dernier et elle est gérée par des administrateurs en insolvabilité. Mais, son directeur général, Rory O’Sullivan, n’écarte pas la possibilité de construire un jour un petit réacteur dans la province.

Le directeur général de Moltex, Rory O’Sullivan, demeure convaincu que l'entreprise restera active.
Photo : Radio-Canada / Roger Cosman
Moltex est chez elle au Nouveau-Brunswick, et nous sommes ici depuis longtemps, dit-il. Nous avons hâte de travailler avec le Nouveau-Brunswick pour voir s'il y a un avenir ici.
Cette possibilité semble de plus en plus incertaine. Le ministre de l'Énergie, René Legacy, a expliqué l'automne dernier qu'il préférait une séparation entre l'approvisionnement en nouvelles sources d'électricité et l'élan politique visant la création d'emplois locaux.
Nous ne voulons pas vraiment le premier du genre, a-t-il déclaré. Le Nouveau-Brunswick n’est pas en mesure de prendre ce genre de risque.
En route vers une vente d’actifs
Nuclea explique, dans son plus récent document déposé le 29 avril à la Commission des valeurs mobilières des États-Unis (SEC), qu’elle compte lancer un premier appel public à l'épargne à la bourse de New York et utiliser 20 % du capital mobilisé pour acheter des actifs de Moltex.
Elle précise avoir conclu une entente d’exclusivité avec Moltex prévoyant que cette dernière n’ait aucune discussion avec tout autre acheteur potentiel jusqu’au 8 mai. De plus, Nuclea ne compte pas acheter tous les actifs de Moltex.
Les deux entreprises ont chacune leur propre conception d’un petit réacteur nucléaire. Nuclea vise principalement les marchés des communautés de l’Arctique, des centres de données, des mines et des installations militaires isolées, selon son document. Ce dernier ne mentionne pas le plan de Moltex prévoyant d’installer son premier modèle sur le site de la centrale nucléaire de Point Lepreau.

Le ministre René Legacy. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Le ministre Legacy explique, dans une déclaration, qu’il est au courant de la vente potentielle et qu’il a hâte de rencontrer les nouveaux propriétaires.
Les experts ayant récemment mené l’examen de la société Énergie NB ont exprimé une inquiétude similaire à celle du ministre.
Le rapport d’examen publié en mars indique que des gouvernements précédents ont demandé à Énergie NB d’agir comme agent de développement économique assurant la promotion de technologies nouvelles et émergentes qui comportaient d’importants risques et enjeux financiers pour les consommateurs.
Le rapport recommande de privilégier des modèles qui ont fait leurs preuves, par exemple les réacteurs CANDU.
Des millions de dollars investis dans Moltex
Le gouvernement libéral de Shawn Graham a versé 5 millions de dollars à Moltex et le gouvernement fédéral lui a accordé 50 millions pour qu’elle élabore sa technologie.
Le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs promouvait Moltex avec enthousiasme, ainsi qu’une autre entreprise du domaine, Arc Clean Energy. L’ancien ministre de l’Énergie, Mike Holland, a dit en 2023 que ces entreprises allaient faire du Nouveau-Brunswick un chef de file mondial en ce domaine.
Les deux entreprises disaient vouloir élaborer leur réacteur respectif au Nouveau-Brunswick, créer des emplois et des retombées économiques, mais elles ont connu des problèmes financiers qui ont remis en question leur capacité de mettre au point leur réacteur à temps pour éviter une potentielle pénurie d’électricité dans la province d’ici la fin de la décennie.
Un ancien dirigeant d’Arc Clean Energy a conseillé à Énergie NB en 2024 de chercher d’autres options, dont des conceptions de petits réacteurs plus avancés et qui seraient mis au point plus tôt.
Le président de Nuclea, Sagar Sanghera, n’a pas répondu à une demande d’entrevue.
D’après un reportage de Jacques Poitras, de CBC


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