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Une pétition a récemment été lancée par la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) pour demander aux gouvernements du Québec et du Canada de faire avancer le projet d’aire marine protégée de la pointe de la Gaspésie.
Cette initiative survient alors que le projet a été bloqué lors de l’analyse en concertation régionale, selon la SNAP Québec.
De Forillon à l’île Bonaventure
Le projet vise à créer une zone de conservation marine dans le secteur de la baie de Gaspé, englobant le territoire situé entre la pointe de Forillon et l’île Bonaventure.
Plus précisément, l’objectif est de rattacher l’aire marine actuelle du banc des Américains, une zone de 1000 kilomètres carrés entre Gaspé et Percé, à l’ensemble du littoral dans le territoire ciblé par ce projet.
D’un point de vue environnemental, ce secteur se distingue par une biodiversité hors du commun, selon Pierre Etcheverry, biologiste et photographe animalier à l’origine du projet.
Il y a trois rivières à saumon qui se jettent dans cette partie-là. Ensuite, on a un fantastique écosystème autour de l’île Bonaventure avec la colonie de fous de Bassan sur l’île, qui essaie de puiser une partie des ressources dont elle a besoin directement dans ce milieu-là, décrit M. Etcheverry.

Environ 50 000 couples de fous de Bassan nichent sur l'île Bonaventure au large de Percé. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Le biologiste insiste également sur l’urgence de protéger les animaux vulnérables et emblématiques de la région qui fréquentent cette zone.
On a plusieurs espèces de baleines, la tortue luth, le thon rouge et le grand requin blanc. Chez les oiseaux, l’arlequin plongeur est aussi présent sur toutes ces côtes-là, et c’est un oiseau classé espèce en péril en ce moment, expose-t-il.
L’ensemble de ce territoire marin a des caractéristiques vraiment exceptionnelles.

De nombreuses espèces peuvent être aperçues dans la baie de Gaspé. (Photo d'archives)
Photo : Crédit:Marc Debain
Impasse administrative et attentes
Bien que le projet ait reçu l’appui de la MRC de Gaspé lors de l’appel de propositions, il s’est heurté au refus de la MRC du Rocher-Percé.
Dans la résolution d’appui de la MRC de la Côte-de-de-Gaspé, il y avait une clause qui disait qu’ils appuient le projet à condition que la majorité du projet soit située dans les limites de leur MRC. On s’est retrouvé avec 46 % du projet dans la MRC de Gaspé, et 54 % dans l’autre, explique la directrice de la conservation bioculturelle à la SNAP Québec, Véronique Bussières.

Véronique Bussières est directrice de la conservation bioculturelle à la SNAP Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Face à cette impasse administrative et politique, les initiateurs du projet se tournent vers la mobilisation populaire pour faire entendre la voix des citoyens et démontrer l’acceptabilité sociale du projet aux décideurs.
C’est quelque chose qu’on utilise parfois, pas très souvent [la pétition], juste dans des cas où on sent que c’est vraiment important de faire entendre la voix des gens. Et là, on s’est dit que c’était important de démontrer aux gouvernements que les gens sont derrière ce projet-là, soutient Mme Bussières.
Pierre Etcheverry rappelle que la proposition initiale bénéficiait déjà de nombreux appuis régionaux, incluant la communauté mi’gmaw de Gespeg, Solidarité Gaspésie, Conservation de la nature Canada, le comité ZIP de la Gaspésie, la Société de gestion des rivières de Gaspé et la SNAP.
Cette démarche-là, elle sert à révéler aux yeux des décideurs de la région à quel point ce projet a de l’intérêt pour un paquet de gens qui vivent de ce milieu-là, indique-t-il.
Je m’attaque à d’autres voies, d’autres façons de faire, pour pouvoir mettre en évidence le fait que ce territoire a un intérêt, et pas juste à mes yeux !

La vue au sommet du Puddingstone à Gaspé, où on voit la pointe du parc national Forillon, qui ferait partie de ce vaste territoire protégé. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Gracieuseté: Sentiers de Puddingstone Trails
La SNAP Québec et les porteurs du projet espèrent ainsi récolter suffisamment de signatures pour inciter les deux paliers de gouvernement à collaborer afin de pérenniser la protection de ce milieu naturel pour les générations actuelles et futures.
Les aires protégées marines se comptent sur les doigts d’une main au Québec : le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, la réserve marine de l’Estuaire-de-la-Rivière-Bonaventure, la réserve aquatique projetée de Manicouagan, ainsi que l’aire marine protégée du Banc-des-Américains.


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