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La pénurie de personnel de la santé force certaines régions à faire des choix. À Hearst, les services d'accouchement ne sont plus offerts depuis plus de deux ans.
Vers 37 semaines de grossesse, les femmes de cette ville du Nord de l'Ontario doivent quitter la communauté pour se rapprocher d’un hôpital où elles pourront donner naissance à leur bébé, faute de pouvoir accéder à ces services plus près de la maison.
Pourtant, la Dre Marjolaine Talbot Lemaire, qui a grandi à Hearst et y pratique maintenant la médecine depuis 11 ans, est formée pour pratiquer des accouchements. Des compétences qu’elle a obtenues en se déplaçant, à ses frais, à Sudbury pendant plusieurs mois pour ajouter l’obstétrique à la liste des spécialisations de sa pratique.
Quand on va être prêts à réinstaurer les soins, moi, je me dois d’être encore confortable à pouvoir offrir ces soins-là, urge la médecin.
Mais pour l’instant, l’hôpital n’est pas en mesure de dégager les ressources nécessaires au retour des accouchements dans la communauté en plus de maintenir les autres services.
L’obstétrique c’est un droit, comme l'éducation, la santé ne devrait pas être un privilège.
La coordinatrice du recrutement des professionnels de la santé de Hearst, Mélanie Goulet, explique que des départs à la retraite, dont celui d’un médecin qui pratiquait aussi l'obstétrique, ont grandement compliqué l’organisation des soins mettant à quelques occasions en péril le maintien des services d’urgence.
Jusqu’à maintenant, des programmes de dépannage et la venue de médecins sur une base temporaire ont permis de maintenir les services existants, mais les efforts de recrutement sont constants.
On essaie d’avoir des médecins qui viennent s'établir en permanence, mais c’est le cas partout dans le monde, je pense, explique Mélanie Goulet. Comme petite communauté, on essaie de se démarquer et de faire des démarches, mais c’est pas toujours évident.
Les débats sur la rémunération des médecins au Québec ouvrent les portes à du dépannage
La coordinatrice affirme avoir mené une vingtaine d’entrevues dans la foulée des débats entourant la loi 2 sur la rémunération des médecins au Québec.

Mélanie Goulet est coordonnatrice du recrutement des professionnels de la santé pour l'hôpital Notre-Dame à Hearst et coordonnatrice administrative de la communauté à l'Université de l'EMNO.
Photo : Avec la permission de Mélanie Goulet
Finalement, quelques-uns ont décidé d’offrir des services temporaires. Mais le succès, selon Mme Goulet, est avant tout d’avoir fait connaître les possibilités d'avoir une pratique en français en Ontario. Ça nous a ouvert la possibilité de parler de notre communauté, mais j’ai dit à quelques-uns, même si c’est pas maintenant, c’est dans 5 ans, dans 10 ans, j’ai toujours un petit besoin.
Elle souligne que la pratique en milieu rural éloigné est aussi bien différente de celle des grands centres.
Une diversité qu’apprécie la Dre Marjolaine Talbot-Lemaire. En tant que médecin de famille, je suis hospitaliste, je suis urgentologue, interniste, je suis pédiatre, je suis gérontologue. Je fais aussi de l'enseignement, de l'obstétrique et aussi des soins dans les établissements de soins de longue durée.
Les suivis de grossesse ont lieu à la clinique médicale familiale Nord-Aski, située juste à côté de l’hôpital, en attendant que celui-ci puisse à nouveau offrir ces services. L’infirmière Mireille Fortin-Ukrainetz consacre une journée par semaine de sa pratique aux soins prénataux.

L'infirmière praticienne Mireille Fortin-Ukrainetz consacre une journée de sa pratique aux soins prénataux.
Photo : Photo fournie par Mireille Fortin-Ukrainetz
Elle constate que certaines patientes choisissent de repousser le moment d’agrandir leur famille en raison du manque de services. Ça devrait être une décision que la femme fait pour elle-même et non à cause des défis sociaux qui se passent présentement dans votre région , affirme-t-elle.
Elle ajoute que les circonstances actuelles, qui forcent les mères à se déplacer pendant plusieurs semaines à des heures de route de leur résidence, les privent souvent de soutien et représente une source de stress importante. Ça fait un stress sur la mère, ça monte l’anxiété, c’est vraiment un cycle vicieux, et en augmentant ce stress-là, on augmente les risques de complications.


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