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Alors que le nombre d’adolescents détenus dans le centre de réadaptation pour jeunes en difficulté d’adaptation de Baie-Comeau monte en flèche, la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) prévoit un système de justice distincte pour les jeunes de 12 à 17 ans qui commettent une infraction criminelle.
L’objectif est de les responsabiliser tout en favorisant leur réadaptation et leur réinsertion sociale.
D’après la relationniste et conseillère en communication stratégique auprès du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Anick Cantin, contrairement au système pour adultes, la LSJPA repose sur le principe d’une « culpabilité morale moins élevée des adolescents ».
Les sanctions doivent être proportionnelles à la gravité de l’infraction et au degré de responsabilité du jeune, tout en offrant les meilleures possibilités de réadaptation.
La détention provisoire demeure une mesure exceptionnelle. Elle ne doit pas servir à remplacer des services de protection de la jeunesse, de santé mentale ou d’autres mesures sociales jugées plus appropriées.
Pour qu’un adolescent soit détenu dans l’attente de son procès, le DPCP doit démontrer qu’il existe un risque important qu’il ne se présente pas devant le tribunal ou que sa détention est nécessaire pour assurer la sécurité du public.
Il doit également être établi qu’aucune condition de remise en liberté ne permettrait de gérer adéquatement ces risques.
Toujours selon les informations d’Anick Cantin, au moment de déterminer la peine, plusieurs facteurs sont pris en compte, dont la participation du jeune à l’infraction, les dommages causés aux victimes, ses antécédents et le temps déjà passé en détention.
La LSJPA chercherait ainsi à établir un équilibre entre la responsabilisation des adolescents, leurs possibilités de réadaptation et la protection du public.
Les intervenants sont formés, dit Santé Québec Côte-Nord
Alors que l’APTS estime que les intervenants ne disposent pas toujours des outils nécessaires pour faire face à la nouvelle réalité des jeunes judiciarisés, Santé Québec Côte-Nord affirme que ceux-ci bénéficient de formations.
« Les intervenants œuvrant auprès des adolescents visés par la LSJPA possèdent des formations universitaires dans les domaines de l’intervention psychosociale et criminologique », indique l’organisation.
L’organisme public assure que « les intervenants de la Direction de la protection de la jeunesse et les délégués à la jeunesse ont également eu accès des formations spécialisées portant sur le phénomène des gangs de rue, notamment celles développées par l’Institut universitaire Jeunes en difficulté (IUJD) ainsi qu’une formation et sensibilisation concernant la lutte contre l’exploitation sexuelle via le programme Les Survivantes ».
Les délégués à la jeunesse utilisent également le programme « Lotus », qui vise à agir sur les facteurs associés à la criminalité et à réduire les risques de récidive. Les interventions portent notamment sur la responsabilisation, la gestion des émotions, les habiletés sociales, la résolution de problèmes et l’influence des pairs.
Santé Québec Côte-Nord reconnaît toutefois que la réalité évolue dans plusieurs régions, dont la Côte-Nord. L’organisation affirme travailler avec des partenaires du milieu de la sécurité publique et du communautaire afin de soutenir les équipes de la DPJ.
Des démarches seraient en cours afin d’identifier de nouvelles formations et des mécanismes de soutien pour les intervenants confrontés à ces situations complexes.
L’objectif, rappelle Santé Québec Côte-Nord, demeure de répondre aux besoins des jeunes et de leurs familles tout en favorisant leur responsabilisation, leur réadaptation et leur réinsertion sociale.
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Morgane Busson
Initiative de journalisme local


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