Patrick Cohen et l’affaire de Crépol, deux ans après

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Affaire de Crépol : ce qui est reproché au traitement médiatique qu’en a fait Patrick Cohen dans C à vous, c’est d’en avoir fait un récit minimisant la nature et la gravité des faits, au mépris des victimes, prétendument pour « nuancer » ce qu’il qualifie de « récupération par la droite et l’extrême-droite ».

Ses affirmations catégoriques, comme s’il y était, alors même que l’enquête est toujours en cours, ses sarcasmes, sa banalisation d’un drame qui ne fait qu’ajouter un degré de certitude à la prise de conscience d’un phénomène de société qu’il refuse de voir pour des raisons politiques, n’ont fait que tuer une deuxième fois le jeune Thomas Perotto, qui à l’entendre serait en partie responsable de sa propre mort.

N’oublions pas non plus les deux jeunes hommes qui ont été grièvement blessés et transportés à l’hôpital avec leur pronostic vital engagé…

Mais que s’est-il passé ce soir-là qui se passe d’une enquête pour en connaître les grandes lignes dès le départ ?

C’est pourtant simple, documenté et indéniable :

Comme chaque année, le bal d’hiver organisé par le comité des fêtes du village de Crépol a réuni des jeunes des environs, encadrés par 4 vigiles. Tous se connaissaient, ont grandi ensemble, sont allés à l’école ou faisaient du sport ensemble, bref un bal de village qui pourrait être assimilé à une soirée privée et dont les recettes permettent d’organiser des événements pour faire vivre la communauté.

À cette soirée, une quinzaine d’individus extérieurs se sont présentés, tous de type maghrébin, la plupart originaires du quartier (pourri) de La Monnaie à Romans-sur-Isère. Jeunes des cités dans une fête réunissant des jeunes ruraux, autant dire qu’ils n’étaient pas vraiment invités.

Mais comme les refuser à l’entrée serait « discriminatoire », et bien que l’un d’entre eux ait été trouvé porteur d’un couteau qui lui a été confisqué à l’entrée, ces braves jeunes ont pu rentrer et commencer à repérer « des meufs », voire de la « viande saoule », qu’ils auraient pu dépouiller à la sortie avec l’aide de ceux qui étaient restés en embuscade sur le parking.

Car s’il y a bien une chose dont il faut être sûr, c’est que lorsque des racailles se pointent à une fête de village, ça n’est pas pour passer une soirée paisible pour célébrer le vivre-ensemble, mais pour chercher des noises et déchaîner leur violence à la première occasion. C’est la raison pour laquelle ils sont en bande, la raison pour laquelle ils ont des couteaux.

Et ce soir-là, non seulement ils sont parvenus à leurs fins, mais ils ont tué un adolescent et blessé grièvement deux jeunes hommes avant de prendre la fuite en laissant derrière eux une véritable scène de crime.

Alors quand un certain Patrick Cohen nous parle de « bal tragique », ou insiste sur le fait que le jeune Thomas aurait lui-même provoqué une des racailles en se moquant de son physique, comme il l’a fait dans son édito en carton dont il assume chaque propos encore aujourd’hui devant une commission d’enquête parlementaire, j’ai juste envie de lui dire d’aller se faire foutre, lui et tous ses amis journaleux du camp de la bien-pensance, qui en savent plus que les enquêteurs, les magistrats ou les témoins, parce qu’ils sont les détenteurs d’une vérité universelle.

La nuance dont ils se targuent n’est jamais rien d’autre qu’un déni de réalité, et la réalité c’est qu’il manquera toujours quelqu’un à la table de la famille de Thomas au soir de Noël.

Sébastien Jallamion