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Pata Seca aurait vécu 130 ans et eu plus de 250 enfants. Roque José Florêncio, né vers 1827 à Sorocaba, au Brésil, mesurait 2,18 mètres. Ce détail, et lui seul, a décidé de son destin : son maître l’a acheté pour en faire un « reproducteur ». Les chiffres ont de quoi faire douter. L’histoire, elle, est documentée par plusieurs médias brésiliens.
Un homme acheté pour sa taille
En 1849, à 22 ans, Roque est acquis par le propriétaire Francisco da Cunha Bueno, pour sa fazenda de Santa Eudóxia, dans la région de São Carlos. Sa stature fait de lui un « esclave reproducteur ». À l’époque, on croyait que les hommes grands, aux chevilles fines, engendraient surtout des garçons, jugés plus utiles aux champs.
C’est glaçant.
Son quotidien différait pourtant de celui des autres captifs. Pas de senzala, pas de champs : il logeait dans la maison du maître, soignait les bêtes de transport et parcourait environ 30 kilomètres par jour pour aller chercher le courrier.
La libération arrive avec la Lei Áurea, en 1888. Il reçoit 20 alqueires de terre, qu’il baptise Sítio Pata Seca. Marié à Palmira, il a neuf enfants avec elle. Mais il perd une partie de ses terres, faute de moyens pour les clôturer, et vit de culture vivrière et d’ustensiles qu’il vend dans les environs.
Entre mémoire et chiffres à vérifier
On lui attribue plus de 250 enfants, et près de 30 % des habitants de Santa Eudóxia seraient ses descendants. Difficile de ne pas y voir un chiffre à manier avec prudence : rien ne permet de le recouper à ce stade, et l’âge de 130 ans repose sur une certificat de décès, pas sur une naissance documentée.
Il meurt le 17 février 1958. Trois mois plus tôt, il défilait à São Carlos, honoré comme l’homme le plus âgé de la ville. Une seule photo de lui subsiste, prise dans les années 1940.
Au-delà du record supposé, son cas rappelle que le Brésil a connu des fermes de reproduction systématique d’esclaves. Ce n’est pas une curiosité, c’est un pan d’histoire que le pays commence à regarder en face.
Faute d’actes de naissance fiables, l’âge exact de Pata Seca restera sans doute indécidable. Reste une mémoire vivante à Santa Eudóxia, où ses descendants portent encore son histoire.
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Rodrigue Batag
Journaliste international pour 237online.com, Rodrigue Batag décrypte l'actualité mondiale avec un regard ancré dans les réalités africaines et camerounaises.


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