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Samedi matin, les Iraniens du Canada se sont réveillés en apprenant que les États-Unis et l’Israël ont mené des frappes sur leur pays. Rapidement, de nombreux ressortissants ont alors tenté de joindre leurs proches restés au pays. Une mission quasiment impossible.
NDLR : Par mesure de sécurité et à la demande des personnes concernées, Radio-Canada a accepté de ne pas divulguer le nom de famille ou l’identité de certains intervenants dans ce reportage
Sarah ne peut pas joindre sa famille. C’est elle qui attend que le téléphone sonne. Mes parents arrivent à m’appeler, mais pas tout le temps. Apparemment, il y a une façon pour qu’ils appellent directement au téléphone, avoue-t-elle sans avoir plus de détail sur cette méthode.
Pour d’autres, ils restent dans l’ignorance, à l’image de Sherry. Pour être honnête, je n’ai pas été capable de parler à mes proches depuis deux jours maintenant, confirme-t-elle. Impossible également d’utiliser les réseaux sociaux pour tenter de savoir comment se portent sa famille et ses amis. Depuis le début de l’attaque, donc depuis samedi, il n’y a plus Internet, explique-t-elle.
Une situation très difficile à vivre pour cet autre iranien qui est installé à Toronto depuis une quinzaine d’années et qui n’a pas souhaité donner ni prénom ni nom de famille par peur de représailles pour sa famille.
Même la communication, la peur reste présente
J’ai des nouvelles, mais c’est toujours très stressant , avoue-t-il. Même si c’est très difficile de communiquer, il explique que, de temps en temps, Internet revient donc à ce moment-là, ma famille me contacte pour me dire rapidement que tout va bien.
Mais les discussions restent courtes, il préfère éviter certains sujets de conversation, comme l’opposition au régime. Je préfère ne pas en parler avec eux. C’est quand même surveillé, pense-t-il.

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Des manifestants présentent des photos de gens qui ont été tués en Iran depuis le début du soulèvement.
Photo : Associated Press / Kamran Jebreili
Ce petit silence avant la réponse en dit beaucoup, indique Houchang Hassan-Yari, professeur émérite au département de science politique et d’économie du Collège militaire royal du Canada. Originaire d’Iran, il est lui aussi bien au courant de cette manière de communiquer. De temps à autre, quand on demande comment va telle ou telle personne. Il y a un petit silence par la suite et ils disent, tout va bien, il n'y a pas de problème, reconnaît-il.
Shabnam Shiatifard est elle aussi consciente de ce risque. Alors, on ne dit pas grand-chose. Elle aussi soupçonne d’être écoutée. Elle trouve bizarre que, lorsqu’elle reçoit des appels de ses parents, parfois le pays [soit] différent. J’ai eu un appel de la Slovénie.
En attendant, les bombes continuent de pleuvoir sur l’Iran sans pour autant que les expatriés puissent savoir ce qu’il se passe exactement dans leur pays.


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