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C’était sous des cris de colère de membres du public que le conseil municipal de Hamilton a voté mercredi après-midi contre un règlement municipal qui aurait mis en place un moratoire sur la construction de centres de données sur son territoire.
La motion a été défaite par dix voix contre six. La mairesse de Hamilton, Andrea Horwath, fait partie de ceux qui étaient contre le règlement proposé par la conseillère municipale Nrinder Nann le mois dernier.
Lors de sa prise de parole au débat, la mairesse a défendu les projets de centres de données actuellement proposés dans sa ville, dont celui né d’un partenariat entre l’Université McMaster et la firme s2e.
[Ce centre de données] fournira des capacités d’entreposage de données aux universités, partout au pays, pour offrir une capacité de calcul pour la recherche et l’innovation, non seulement dans le domaine médical, mais aussi dans d’autres domaines.
Selon elle, investir dans la construction de ces centres est une question de souveraineté des données et des capacités informatiques, ainsi que du rapatriement vers notre pays de ces données qui se trouvent déjà ailleurs dans le monde, notamment aux États-Unis.
Or, pour la conseillère Nann, le règlement municipal aurait justement aidé à préserver la souveraineté de données, dans les cas où le promoteur d’un centre de données viendrait de l’étranger.

Des centaines de personnes ont manifesté contre une demande relative à un projet de centre de données avant une audience du Comité de dérogation, le 4 juin, à l’hôtel de ville de Hamilton. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Justin Chandler
Elle cite en exemple le projet récemment annoncé de Meta, la maison mère de Facebook, de construire un centre de données de 13 milliards de dollars près d’Edmonton, en Alberta.
En quoi [ce projet] protège-t-il la souveraineté ou la résilience des données, alors que nous avons une législation qui autorise ces entreprises à extraire toutes les données qu’elles génèrent au Canada et à les mettre à la disposition d’acteurs étrangers?, questionne-t-elle.
Selon elle, nos communautés, notre ville, notre région et notre pays doivent aborder cette nouvelle industrie en mettant en place des garde-fous dès maintenant, et non plus tard.
La Ville aurait été la première dans tout le pays à mettre un moratoire en place si le règlement avait été adopté mercredi.


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