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Pas de français dans le discours du Trône : « plus qu’un “oups” », dit l’opposition

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C’est un silence qui passe mal à l’Île-du-Prince-Édouard. Dans le discours du Trône, qui énonce les priorités de la province, la mention des Acadiens et des francophones a tout simplement disparu. Pas un mot, pas une ligne, pas même un passage lu en français.

Ce manque de reconnaissance a fait réagir vendredi le député libéral Gordon McNeilly. Ce dernier a prononcé une déclaration en français à ce sujet à l’Assemblée législative.

Une communauté était absente du discours du Trône : il n'y a aucune mention de la communauté francophone et acadienne. Une communauté présente ici depuis 300 ans. La langue, ce n'est pas seulement une traduction, c'est une culture, une histoire, une identité.

Le député de Charlottetown-West Royalty voit le silence du discours du Trône sur la communauté francophone comme un manque de respect.

C’est incroyable, c’est plus qu’un "oups", c’est le ministre de la communauté qui n’a pas fait son boulot.

Gordon McNeilly

« La communauté francophone et acadienne contribue encore aujourd'hui à nos écoles, à la petite enfance, aux arts et à la culture, à notre économie », souligne le député libéral Gordon McNeilly.

Photo : Radio-Canada / Marine Ernoult

Le gouvernement défend son bilan francophone

Face à cette charge, le gouvernement progressiste-conservateur de Rob Lantz se défend.

Le ministre responsable des Affaires acadiennes et francophones, Gilles Arsenault, lui-même un Acadien, estime que le silence sur la francophonie ne reflète pas la réalité sur le terrain.

Il assure que le français est valorisé à travers chacun des ministères.

Les actions parlent beaucoup plus fort que les mots. Si vous regardez l'engagement de notre gouvernement, on a fait des investissements records dans les dernières années.

Le ministre évoque notamment les rénovations des centres scolaires communautaires, la construction de la nouvelle école Évangéline, ou encore le lancement du Mois du patrimoine acadien.

On va continuer d'investir et je peux assurer qu'on respecte pleinement la communauté acadienne et francophone, insiste-t-il.

Au-delà du symbole, c’est le cadre législatif qui inquiète la communauté. La SAF'Île, l’organisme porte-parole des Acadiens et des francophones, réclame la révision de la Loi sur les services en français, un texte qui n'a pas été retouché depuis 13 ans.

Bilinguisme : recruter ou légiférer?

Sur ce point, le ministre Gilles Arsenault se montre prudent. Il parle d’un travail à faire avant de pouvoir même considérer l'ouverture de la loi.

Le ministre a ainsi demandé aux organismes communautaires d'identifier les lacunes de loi, pour s’assurer que tous les acteurs sont sur la même ligne.

Présentement, je pense qu'on a beaucoup de services offerts en français. Ce qu'on a parfois comme difficulté, c'est au niveau des personnes pour remplir les postes en français.

Autrement dit, il s’agirait plus de problèmes de recrutement de personnel bilingue que de législation.

Gilles Arsenault

« On a un nombre record de gens qui ont pris des formations pour améliorer leur capacité de servir en français », affirme le ministre Gilles Arsenault.

Photo : Radio-Canada / Marine Ernoult

Cette ligne de défense ne convainc pas le député Gordon McNeilly. À ses yeux, la loi doit être révisée.

La langue, c’est plus que de la traduction. On doit pouvoir s’exprimer en français à l’île, c’est très important pour la culture acadienne, affirme-t-il.

Deux visions s’affrontent donc à l’Assemblée législative. D'un côté, un ministre qui mise sur les investissements et la formation du personnel pour prouver son engagement.

De l'autre, une opposition libérale qui estime que sans reconnaissance politique claire, les acquis restent fragiles.

Le dialogue entre la SAF'Île et le bureau du ministre Gilles Arsenault sera déterminant dans les prochains mois : la loi sera-t-elle révisée ou le gouvernement privilégiera-t-il la politique des petits pas?

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